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La première fois où j’ai insisté sur le fait que le libéralisme n’est pas le capitalisme, c’était dans un article publié par le quotidien le Soir en mai 2005 ; quelques années donc, avant que n’éclate la crise du secteur financier.
Depuis lors, j’ai souvent eu l’occasion de reprendre et de développer cette analyse : l’origine et la visée ultime du libéralisme est l’être humain. L’activité économique de type capitaliste est bénéfique si, et seulement si, elle améliore les conditions de vie des êtres humains. Bref, le capitalisme est acceptable si, conformément à la vision libérale, il favorise le développement d’entreprises, la création d’emplois, la production de richesses… Par contre des transactions financières qui tournent sur elles-mêmes, qui n’ont plus pour seul objectif que la création de bénéfices réinjectés dans de la création de bénéfices, lesquels seront à leur tour réinjectés dans un processus de plus en plus artificiel et aléatoire… cela n’a rien à voir avec le libéralisme que je défends.
J’ai eu l’occasion de le rappeler avec force lors des rencontres avec des milliers de militants du MR, dans le cadre de mon Rapport en vue d’un nouveau manifeste intitulé Mieux, pour tous : « L’économie de marché, la libre concurrence, la liberté d’entreprendre et d’investir, le droit de propriété sont nécessaires au bien-être général (…) l’économie doit comporter une dimension morale : la croissance n’est pas un but en soi, elle est un moyen au service de l’homme (…) Les réformateurs s’opposent à toute dérive financière qui viendrait rompre cette alliance entre démocratie et économie. Sinon, on n’est plus dans le cadre d’une création de richesses au service des entreprises, au service du travail, au service de l’avenir de toute une société » (p.48-49).
Sur base de ces analyses, je soutiens les propositions du MR visant un contrôle renforcé des risques pris par les banques, de même que celles visant la taxation des banques. Il s’agit de forcer les banques à réapprendre leur métier de gestion des risques. L’évaluation de ceux-ci ne peut plus être confiée à de seuls conseillers et experts externes. La capacité de la banque à mieux gérer elle-même les risques pris, ainsi que l’information apportée à ses usagers, seront des indicateurs de bonne gestion.
Compte tenu du coût économique, social et humain engendré par la crise financière, la Belgique – premier pays européen à le faire – a imposé une contribution au secteur financier. Celle-ci couvre la garantie assurée par l’Etat aux banques : ce qui équivaut à une recette pour les finances publiques de plus de 500 millions d’euros par an. Afin de limiter les spéculations, le MR est favorable à la mise en place d’une taxe sur les transactions financières internationales au niveau européen ou mondial (à l’instar de la célèbre taxe Tobin).
Taxer les banques, et les institutions financières en général, me paraît indispensable. Il y a en Europe une série de réflexions qui vont dans le même sens: faire contribuer les institutions financières en fonction du risque qu'elles font courir à l'ensemble du système. Les banques qui prennent le plus de risques doivent contribuer davantage que les banques de gestion de patrimoine et de l'épargne. Celles-ci ont une activité bancaire plus classique et plus sûre. L’objectif doit être de faire baisser les charges qui pèsent sur les revenus du travail.
Richard Miller 4ème au Sénat |