Actualité :
Jeudi 10 avril 2008
Au Parlement de la Communauté française,
en commission de la Culture, de la Jeunesse, de l'Audiovisuel, de
l'Aide à la Presse et du Cinéma, question de M. Richard
Miller à Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture et de
l'Audiovisuel, relative à " l'évolution du dossier
TV5 "
Richard Miller - Il est important pour
la Francophonie et pour la Communauté française que
le dossier de TV5 Monde aboutisse positivement.
Quelle est son évolution ? J'ai noté
dans la presse de ce matin des éléments rassurants
qui - je l'espère - se confirmeront. Un échec des
négociations engagerait la responsabilité du gouvernement
de la Communauté française.
Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture
et de l'Audiovisuel. - Depuis janvier dernier, les hauts fonctionnaires
chargés du dossier de TV5 Monde tentent de dégager
un accord sur la place que devrait occuper la chaîne francophone
dans le paysage audiovisuel français réformé.
Actuellement, des points majeurs de divergence subsistent. Quant
à l'actionnariat de TV5 Monde, un accord se dégage
sur le fait que France Monde ne puisse disposer de plus de 49 %
des voix. Avec France Télévision, l'INA et Arte France,
l'actionnariat français s'élèverait à
66 %. À plusieurs reprises, le représentant de la
Communauté française a évoqué l'hypothèse
d'un élargissement du tour de table à un consortium
de gouvernement du Sud, comme nous l'avons souvent évoqué,
monsieur Galand. Mais cette question doit surtout être abordée
au sein des instances de la Francophonie dès lors que le
financement de la contribution de ce consortium se pose, même
si certains États pourraient en faire partie sans ce soutien.
D'autres voix ont proposé que la Francophonie siège
en son nom propre au conseil d'administration de TV5 Monde. Quant
à la France, elle envisage surtout de développer de
nouvelles recettes pour TV5 Monde - sans parler des économies
d'échelle liées aux synergies avec France Monde -
plutôt que d'exiger de nouveaux efforts financiers de la part
des gouvernements non français. La question de la gestion
de TV5 Monde nous paraît essentielle. Tous les gouvernements,
sauf la France, défendent l'idée d'une présidence
du conseil d'administration confiée au PDG de France Monde
qui serait distincte de la direction générale. Cette
dernière pourrait être assurée par un non- Français
à mérite égal. Cette formule a déjà
été testée dans l'histoire récente de
TV5 Monde. La France ne partage pas cette approche, mais accepterait
l'idée d'un directeur général délégué
qui aurait certaines compétences. La véritable question
est celle de l'autonomie de gestion de TV5 Monde et de son développement
stratégique. Il faut rappeler ici le savoir-faire de TV5
Monde au niveau de sa distribution mondiale et de sa commercialisation.
La désignation du président et du directeur général
sont aussi des éléments de divergence entre la France
et les gouvernements francophones. Jusqu'à présent
ceux-ci ont été nommés à l'unanimité.
Compte tenu des tensions entre partenaires et du manque de confiance
vis-à-vis des Français, il serait opportun de revenir
à cette solution. En tout état de cause, une formule
où tout ou partie des partenaires non français n'accorderait
pas sa confiance au président et au directeur général
serait inacceptable. À l'heure actuelle, la société
France Monde n'a pas encore été créée.
La question de l'information a longuement retenu l'attention des
gouvernements non français. Selon M. de Pouzilhac, l'idée
de créer une " news room " au sein de France Monde
serait abandonnée. D'un autre côté, l'autonomie
de la ligne éditoriale et de la grille des programmes de
TV 5 Monde, essentielle pour les gouvernements non français,
serait elle aussi factice si TV5 Monde devait être dirigée
exclusivement par la France. Vous aurez remarqué que le débat
sur l'avenir de TV5 Monde mobilise les gouvernements mais aussi
le personnel de la chaîne qui a d'ailleurs lancé une
pétition. J'ai moi-même eu l'occasion de recevoir une
délégation de leurs représentants au conseil
d'entreprise de TV5 Monde, avec lesquels nous gardons contact. Comme
la loi française prévoit que trois administrateurs
salariés de sociétés comme TV5 Monde siègent
au nom du personnel, l'un d'entre eux accompagnait la délégation.
Les salariés souhaitent non seulement conserver mais aussi
développer le contenu multilatéral francophone de
la programmation et de l'information de la chaîne. Les articles
de presse me montraient plus optimiste que je ne le suis aujourd'hui.
En effet, une série de questions attendent encore des garanties.
Cependant, demain, je dois rencontrer des hauts fonctionnaires et
la France semble afficher la volonté d'être plus constructive
que ces dernières semaines. Mais il faut rester prudents.
Nous avons obtenu des garanties sur certains points importants mais
nous en attendons davantage.
Richard Miller
- La réplique de M. Galand montre à quel point les
questions en
entraînent d'autres. Je voudrais vous faire remarquer, madame
la ministre, que votre réponse est un peu moins optimiste
que ce qui a été publié ce matin dans la presse.
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