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Actualité :
Mardi 13 mai 2008
Au Parlement wallon, en commission des Affaires
intérieures et de la Fonction publique, QUESTION ORALE DE
M. MILLER À M. COURARD, MINISTRE DES AFFAIRES INTÉRIEURES
ET DE LA FONCTION PUBLIQUE, SUR « LES BÂTIMENTS DE CULTE
À CHARGE DES PROVINCES, EN PARTICULIER DE LA PROVINCE DU
HAINAUT »
Richard Miller – Madame la Présidente, Monsieur le Ministre,
je reviens sur un sujet dont nous avons beaucoup parlé à
un certain moment et puis, qui est un peu tombé en désuétude.
Depuis la reconnaissance par l’État fédéral
du culte musulman, la prise en charge, par celuici, du salaire des
imams et l’adoption des trois arrêtés du Gouvernement
wallon du 13 octobre 2005, l’entretiendes bâtiments réservés
au culte musulman, les mosquées,devrait revenir aux Régions
et/ou, sauf erreur dema part, aux provinces.
Pourriez-vous tout d’abord m’indiquer
combien decommunautés islamiques ont été reconnues
en Wallonie,et en Hainaut plus particulièrement, sachant
quecesreconnaissances ne peuvent intervenir qu’après
proposition de l’Exécutif desmusulmans de Belgique,
portantorganisation des comités chargés de la gestion
du temporeldes communautés islamiques reconnues.
Par ailleurs, pour ce qui concerne le culte
catholique,les églises paroissiales sont à charge
des villes etdes communes. Par contre, l’entretien des cathédrales
émarge au budget provincial. C’est le cas en Hainautde
la cathédrale de Tournai. Cette distinction résulterait,aujourd’hui
encore, de l’application du décret impérial concernant
les fabriquesd’église du 30 décembre 1809,chapitres
4 et 5 en particulier, ainsi que de la loi sur letemporel des cultes
du 4 mars 1870.
Ma question est la suivante : qu’en est-il
des collégiales? L’importance de ces bâtiments
imposants, tant dupoint de vue patrimonial, architectural, artistique,
historique et religieux, est telle que l’impact sur les budgetscommunaux
n’est pas négligeable. Sans m’opposer à
lanécessité d’entretenir, au mieux les intérêts
des fi dèlesainsi que de tous les citoyens, les collégiales,
comme parexemple – et vous aurez compris que ma question était
peut-être un peu intéressée – Saint-Waudru
à Mons, ilme semble qu’un fi nancement à l’échelle
de laProvince serait plus adéquat. Je pense d’ailleurs
qu’en Flandre,c’est le cas avec la collégiale de
Malines.
En fait, ne pensez-vous pas, Monsieur le Ministre,que
si ce qui distingue une cathédrale, au regard de lafoi, est
la présence en son sein de l’évêché,
cette distinction culturelle n’est pas de mise en matière
de fi nancementpublic ? Considéré sous cet angle,
ce qui me semble important, est le bâtiment, son volume, son
coûtd’entretien, etc.
Pour que ma question ne soit pas mal interprétée,en
plus en présence de Mme la Présidente, je ne vousdemande
pas de remplacer dans le budget provincial, la Cathédrale
de Tournai par la Collégiale de Mons, maisque l’entretien
de bâtiments du culte catholique d’uneaussi grande importance,
dépende de la Province.
Existe-t-il des cas semblables dans les autres
provincesde Wallonie ?
Enfi n, qu’est devenu le décret
annoncé à ce sujet ? LaFlandre dispose d’un décret
surl’organisation matérielle et le fonctionnement des
cultes reconnus depuis le 7 mai2004.
M. Courard, Ministre des Affaires intérieures
et de laFonction publique. – Madame la Présidente, la
questionposée par l’honorable Membre a retenu ma meilleure
attention. Les communautés islamiques actuellementreconnues
en Région wallonne sont au nombre de 43dont 21 situées
sur le territoire de la Province de Hainaut.
En ce qui concerne les collégiales, il faut d’abord
releverqu’il ne s’agit pas systématiquement de
bâtimentsde grande ampleur, ensuite que leurs frais de fonctionnement
ne sont à charge des fi nances communales que lorsqu’elles
sont des églises paroissiales.
Au surplus, lorsque les édifi ces du culte visés par
l’honorable Membre sont des bâtiments classés,
ils bénéficient, à ce titre, de subventions
de la Région wallonne qui peuvent aller jusqu’à
95 % du prix des travaux.
S’il y avait lieu de prendre en considération l’importance
des édifi ces, dans lesquels seraient sans doute classées
certaines collégiales, églises décanales, etc.,
il faudrait créer une nouvelle catégorie d’édifi
ces du culte et en déterminer les critères de classifi
cation.
Le système actuel a le double mérite de la simplicité
et de l’objectivité.
Il n’entre pas dans mes intentions de modifi er la législation
en ce sens.
En ce qui concerne le décret de modernisation de la législation
relative à l’organisation du temporel et au financement
des cultes reconnus, je signale à l’honorable Membre
que ce dossier est toujours à l’étude et que
je ne manquerai pas de lui communiquer mes conclusions à
ce sujet. Quant à l’avenir en cette matière,
je gage qu’avant samedi soir, l’honorable Membre aura
répété après moi « Sancta Waldetrudis,
ora pro nobis ! »
Richard Miller – Je constate avec plaisir que
j’ai affaire à un connaisseur. (Rires.)
Je remercie M. le Ministre pour sa réponse. Je pense, effectivement,
que c’est un dossier important et j’attends avec une certaine
impatience l’avancement de la réflexion de M. le Ministre
et du projet de décret.
Je pense, néanmoins, que les collégiales, qu’elles
soient considérées comme églises paroissiales
ou pas, sont quand même des bâtiments de grande importance,
à la fois architecturale, patrimoniale et autres, et je reviendrai
sur ma proposition d’essayer de faire glisser ce type de bâtiment
sous la responsabilité provinciale.
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