Richard
Miller - Madame la ministre, une oeuvre de René Magritte a été
volée dans le musée qui est logé dans la maison même
où vécu le couple Magritte à Jette. Cette oeuvre intitulée
" Olympia " date de 1948 et a une valeur estimée de trois à
quatre millions d'euros.
Mes questions sont de deux ordres. Certaines sont ponctuelles, d'autres plus
générales.
Malgré ma recherche d'informations à ce sujet, je ne suis pas
parvenu à savoir si ce musée dépendait de quelque manière
que ce soit de la Communauté française. Est-il propriété
de la Communauté ? Est-il subsidié ? Abrite-t-il certaines œuvres
qui seraient propriétés de la Communauté française
?
Si la réponse à l'une de ces questions est positive, quelles sont
les mesures de sécurité appliquées dans ce musée
et qui justifient que des oeuvres d'une telle importance artistique et d'une
telle valeur financière lui soient confiées ? Le vol dont il est
ici question s'est déroulé en pleine journée, en présence
de six personnes étrangères au délit, dont deux touristes
qui ont dû être impressionnés par la gestion de nos musées.
Les mesures de sécurité posent donc problème, d'autant
que les voleurs n'ont même pas pris la peine de se cacher le visage !
Je voudrais savoir si notre administration dispose d'un répertoire complet
des oeuvres d'art qui sont sa propriété, ainsi que de leur localisation,
de même que des oeuvres qui ne seraient pas la propriété
de la Communauté française mais dont l'auteur serait, comme c'est
le cas pour René Magritte, un artiste majeur de notre Communauté.
Quelle est, de façon générale, la politique de sécurité
des oeuvres d'art de vos services ? Des peintures ou des sculptures ont-elles
fait l'objet de procédés spécifiques d'identification numérique
?
Mme
Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l'Audiovisuel, de la Santé
et de l'Égalité des chances. - Je voudrais tout d'abord souligner
à quel point le fait évoqué ici m'attriste et me choque.
Le musée René Magritte d'initiative privée n'est pas subventionné
par la Communauté française mais il a introduit, le 30 juin 2009,
une demande de reconnaissance, conformément au décret du 17 juillet
2002. Cette demande est en cours d'examen par le Conseil des musées et
autres institutions muséales. Le bâtiment n'est pas la propriété
de la Communauté française et cette dernière n'y a déposé
aucune oeuvre. L'administration dispose d'un répertoire complet des oeuvres
et des objets dont elle est propriétaire. Cet inventaire indique la localisation
des oeuvres et des objets.
La Communauté ne dispose pas de répertoire des oeuvres qui ne
sont pas sa propriété mais dont l'auteur est un artiste majeur
de la Communauté française.
Le travail serait exceptionnellement important et inéluctablement lacunaire,
s'agissant notamment
d'oeuvres privées et, dans ce dernier cas, il serait en outre dénué
de toute base légale.
Dans le cadre du décret du 11 juillet 2002 sur la protection du patrimoine
mobilier de la Communauté française, il est toutefois prévu
d'identifier, pour les protéger, des objets et des oeuvres dont l'intérêt
artistique, historique, ethnographique et scientifique est exceptionnel.
En juin 2009, j'ai autorisé l'ouverture de l'enquête préalable
au classement de 33 objets, œuvres ou ensembles de collections. Des décisions
définitives de classement seront possibles dès le début
de 2010.
Je tiens à préciser que l'oeuvre volée au musée
René Magritte n'a pas fait, jusqu'à présent, l'objet d'une
proposition d'inscription sur la liste des propositions d'ouverture de classement
des chefs d'oeuvres et objets exceptionnels par la commission ad hoc.
Une partie des oeuvres appartenant à la Communauté française
est gérée directement dans des réserves qui lui appartiennent.
La constitution d'un vaste entrepôt à Mons a été
décidée. L'essentiel des autres oeuvres est en dépôt
dans des musées.
Le niveau de sécurité contre le vol est bon, voire très
bon. Toutefois, éviter toute éventualité d'agression armée
exige de multiples précautions et n'est pas toujours possible à
réaliser.
Ainsi, il me semble qu'armer les gardiens de musée pour défendre
des biens matériels serait excessif et peu conciliable avec le respect
des visiteurs et du personnel.
Je rappelle enfin que depuis de nombreuses années, le ministère
a entrepris la numérisation de ses collections.
Richard Miller - Je remercie la ministre de sa réponse.