Mardi 13 octobre 2009
Au Parlement de la Communauté française, en Commission de la Culture, de l'Audiovisuel, de l'Aide à la presse, du Cinéma, de la Santé et de l'Egalité des chances, question orale de Richard Miller à Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l'Audiovisuel, de la Santé et de l'Égalité des chances, relative au " vol d'oeuvres d'art "

Richard Miller - Madame la ministre, une oeuvre de René Magritte a été volée dans le musée qui est logé dans la maison même où vécu le couple Magritte à Jette. Cette oeuvre intitulée " Olympia " date de 1948 et a une valeur estimée de trois à quatre millions d'euros.
Mes questions sont de deux ordres. Certaines sont ponctuelles, d'autres plus générales.
Malgré ma recherche d'informations à ce sujet, je ne suis pas parvenu à savoir si ce musée dépendait de quelque manière que ce soit de la Communauté française. Est-il propriété de la Communauté ? Est-il subsidié ? Abrite-t-il certaines œuvres qui seraient propriétés de la Communauté française ?
Si la réponse à l'une de ces questions est positive, quelles sont les mesures de sécurité appliquées dans ce musée et qui justifient que des oeuvres d'une telle importance artistique et d'une telle valeur financière lui soient confiées ? Le vol dont il est ici question s'est déroulé en pleine journée, en présence de six personnes étrangères au délit, dont deux touristes qui ont dû être impressionnés par la gestion de nos musées.
Les mesures de sécurité posent donc problème, d'autant que les voleurs n'ont même pas pris la peine de se cacher le visage !
Je voudrais savoir si notre administration dispose d'un répertoire complet des oeuvres d'art qui sont sa propriété, ainsi que de leur localisation, de même que des oeuvres qui ne seraient pas la propriété de la Communauté française mais dont l'auteur serait, comme c'est le cas pour René Magritte, un artiste majeur de notre Communauté.
Quelle est, de façon générale, la politique de sécurité des oeuvres d'art de vos services ? Des peintures ou des sculptures ont-elles fait l'objet de procédés spécifiques d'identification numérique ?

Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l'Audiovisuel, de la Santé et de l'Égalité des chances. - Je voudrais tout d'abord souligner à quel point le fait évoqué ici m'attriste et me choque.
Le musée René Magritte d'initiative privée n'est pas subventionné par la Communauté française mais il a introduit, le 30 juin 2009, une demande de reconnaissance, conformément au décret du 17 juillet 2002. Cette demande est en cours d'examen par le Conseil des musées et autres institutions muséales. Le bâtiment n'est pas la propriété de la Communauté française et cette dernière n'y a déposé aucune oeuvre. L'administration dispose d'un répertoire complet des oeuvres et des objets dont elle est propriétaire. Cet inventaire indique la localisation des oeuvres et des objets.
La Communauté ne dispose pas de répertoire des oeuvres qui ne sont pas sa propriété mais dont l'auteur est un artiste majeur de la Communauté française.
Le travail serait exceptionnellement important et inéluctablement lacunaire, s'agissant notamment
d'oeuvres privées et, dans ce dernier cas, il serait en outre dénué de toute base légale.
Dans le cadre du décret du 11 juillet 2002 sur la protection du patrimoine mobilier de la Communauté française, il est toutefois prévu d'identifier, pour les protéger, des objets et des oeuvres dont l'intérêt artistique, historique, ethnographique et scientifique est exceptionnel.
En juin 2009, j'ai autorisé l'ouverture de l'enquête préalable au classement de 33 objets, œuvres ou ensembles de collections. Des décisions définitives de classement seront possibles dès le début de 2010.
Je tiens à préciser que l'oeuvre volée au musée René Magritte n'a pas fait, jusqu'à présent, l'objet d'une proposition d'inscription sur la liste des propositions d'ouverture de classement des chefs d'oeuvres et objets exceptionnels par la commission ad hoc.
Une partie des oeuvres appartenant à la Communauté française est gérée directement dans des réserves qui lui appartiennent. La constitution d'un vaste entrepôt à Mons a été décidée. L'essentiel des autres oeuvres est en dépôt dans des musées.
Le niveau de sécurité contre le vol est bon, voire très bon. Toutefois, éviter toute éventualité d'agression armée exige de multiples précautions et n'est pas toujours possible à réaliser.
Ainsi, il me semble qu'armer les gardiens de musée pour défendre des biens matériels serait excessif et peu conciliable avec le respect des visiteurs et du personnel.
Je rappelle enfin que depuis de nombreuses années, le ministère a entrepris la numérisation de ses collections.

Richard Miller - Je remercie la ministre de sa réponse.