Mardi 14 octobre 2008
Au Parlement wallon, en Commission de l'Economie, de l'Emploi, du Commerce extérieur, du Patrimoine et de la Formation, question orale de Richard Miller à M. Marcourt, Ministre de l'Economie, de l'Emploi, du Commerce extérieur et du Patrimoine et à M. Demotte, Ministre-Président du Gouvernement wallon sur " la nette baisse des licences d'exportations d'armes de fabrication wallonne ".
Richard
Miller - Lors de la dernière commission à huis-clos
consacré au rapport du premier
semestre 2008 concernant les licences d'armes, le principal renseignement était
manifestement le net recul des exportations d'armement. On passe de plus de
800 millions d'euros de montants à quelque 500 millions.
Monsieur le Ministre-Président chiffrait ce recul à 339 millions d'euros par rapport à la période équivalente un an plus tôt.
Interrogé par nos soins, Monsieur le Ministre-Président répondit qu'il s'agissait du « creux de la vague », directement imputable au cycle de renouvellement des armées et de la fin du phénomène « post-11 septembre ».
Permettez-moi de revenir sur cette nette diminution des exportations wallonnes afin d'analyser plus précisément ce phénomène.
En effet, le Secrétaire américain à la Défense, Monsieur Robert Gates s'est récemment exprimer sur le sujet des ventes d'armes lors d'une conférence donnée le 29 septembre 2008 à la prestigieuse National Defense University de Washington. Lors de cette conférence, Monsieur Gates avançait que le marché affichait une « tendance stable », voire légèrement en progression.
A la lumière
de ce propos, la très importante diminution des exportations wallonnes
est inquiétante. Ne serait-ce pas dû à une perte de compétitivité
des entreprises wallonnes ? Qu'en est-il également du développement
technologique des nos entreprises ? Nos entreprises sont-elles toujours compétitives
en termes de technologie dans ces matières ?
Les résultats de nos exportations prennent en compte les armes vendues
aux armées et polices étrangères alors que nos importations
ne prennent pas en compte ce qui est vendu à notre armée et à
notre police. La balance est donc plus inquiétante qu'elle n'y paraît.
M.
Jean-Claude Marcourt, Ministre de l'Économie, de l'Emploi, du
Commerce extérieur et du Patrimoine, en son nom et au nom M. Demotte,
Ministre-Président du Gouvernement wallon. — Je voudrais commencer
cette intervention en rappelant qu'il ne serait pas inopportun que certains
responsables ne nous tirent pas une balle dans le pied en affirmant que nos
produits ne sont pas satisfaisants. Si on protégeait à tous les
niveaux les produits belges, la situation serait meilleure.
Votre question appelle deux remarques importantes.
Les informations données par les rapports relatifs aux licences d'armes
concernent les licences octroyées, c'est-à-dire plus précisément
les exportations potentielles, et non pas les exportations réelles.
Les exportations réelles doivent en effet être envisagées
selon des cycles pluriannuels. Une licence octroyée peut concerner un
contrat s'étendant sur plusieurs années.
Les montants annoncés lors des demandes de licence ne sont pas non plus
toujours représentatifs de l'exportation réelle qui en découle.
Des données statistiques permettent ainsi de relativiser la diminution
de 339 millions relevée.
On constate une augmentation du nombre de licences, mais une diminution effectivement
de 339 millions.
Il faut cependant préciser qu'en 2006, une seule licence a porté
sur le montant de 150 millions, ce qui, pour des montants assez peu élevés
comme ceux que nous connaissons en Wallonie, est significatif. Cette licence
vise un contrat sur plusieurs années avec le pays concerné.
On doit, au regard de ces chiffres, noter que le nombre de transactions, et
donc de contrats, n'a pas diminué, mais que les montants des contrats
a subi un baisse. Le nombre des clients des firmes wallonnes n'est donc pas
en diminution. On peut même affirmer que le nombre de contrats a augmenté
légèrement. Cela permettrait de conforter l'appréciation
du niveau de compétitivité des entreprises wallonnes.
Le nombre de licences a progressé de 44 unités si l'on envisage
les périodes de 12 mois, telles que décrites ci-dessus.
Ensuite, on constate que les exportations mondiales en matière d'armement
conventionnel ont subi la courbe suivante ces dernières années
:
• un sommet en 1997, suivi d'une baisse jusqu'en 2002 ;
• une hausse de 2002 jusqu'à un nouveau sommet en 2006 ;
• une diminution depuis 2006.
Plus qu'un éventuel problème de compétitivité ou
de retard de développement technologique, la baisse des commandes constatée
au niveau des entreprises d'armement en Wallonie s'inscrit avant tout dans le
cadre de cette évolution mondiale.
Richard Miller - Je remercie Monsieur le Ministre pour sa réponse qui confirme les explications avancées par M. le Ministre-Président en Commission.
Je continuerai naturellement à demeurer attentif aux chiffres et aux montants de cette activité. Je concluerai en disant que ce que le Ministre des Pouvoirs locaux a dit peut également valoir pour nos forces de police.