Lundi
14 décembre 2009
Au Parlement de la Communauté française,
en Commission des Finances, de la Comptabilité, du Budget et du Sport,
question orale au ministre M. André Antoine, Vice-Président
et Ministre du Budget, des Finances et des Sports relative aux "Sports
de rue", de Richard Miller
Richard Miller - Dans une interview que vous avez accordée au journal Le Soir le 28 novembre dernier, vous expliquez les raisons qui vous ont poussé au retrait du chèque sport.
Toutefois,
j'ai plus particulièrement retenu votre déclaration sur les
sports de rue : " Nous n'avons pas oublié les sports de rue. Là
aussi, on a fait un effort particulier en termes d'infrastructure, d'équipement,
d'encadrement - surtout en période non scolaire - en doublant les crédits
".
Je souhaiterais
que vous expliquiez ce que vous entendez par " sports de rue ".
Ce terme recouvre-t-il un grand nombre de pratiques sportives, en dehors des
clubs et des associations ? Est-ce une façon détournée
de dire que vous avez axé ces investissements dans des terrains de
football ou de basket de quartier, plus communément appelés
playgrounds ? Ne visez-vous pas plutôt le décret du 12 mai 2004
fixant les conditions d'octroi de subventions pour l'organisation d'activités
sportives de quartier ? Quel montant exact avez-vous investi dans ces sports
de rue ? De quelle manière ?
Enfin, qu'attendez-vous de ces sports de rue ? En investissant dans ceux-ci, le but n'est-il pas de ramener les jeunes vers une pratique sportive plus fréquente et encadrée ?
Pensez-vous
que cet investissement amènera à ce résultat ?
M.
André Antoine,
vice-président et ministre du Budget, des Finances et des Sports. -
Deux initiatives ont été prises, l'une par la Communauté
française sur les sports de quartier, l'autre par la Région
wallonne sur les sports de rue.
Je rappelle que les négociateurs ont mis fin aux chèques-sport
pour les raisons que je vous ai déjà exposées.
J'en viens au sport de rue. Qu'entend-on par là ? C'est une façon
d'amener des jeunes des quartiers qui ne possèdent pas d'infrastructures
et qui ne sont pas membres d'un club ou d'une association à exercer
une activité physique ou sportive de manière libre. Ces infrastructures
sont financées à 85 % par la Région wallonne. Leur occupation
est maximale. Elles sont fréquentées par des jeunes ou des moins
jeunes en dehors des périodes scolaires mais elles peuvent également
servir aux écoles situées à proximité. Les crédits
me semblent donc très bien utilisés.
Lors de leur création, en 2000, le montant alloué était
de deux millions d'euros. Il était de 1,4 million en 2001, de 1,3 million
en 2002, de 2 millions en 2003 et en 2004, de 3,6 millions en 2005, de 3,5
millions en 2006, de 2,7 millions en 2007, de 1,6 million en 2008 et de 2,3
millions en 2009. Pour 2010, le budget prévu est de 4,5 millions d'euros.
Nous avons donc doublé l'inscription budgétaire 2009, ce qui
traduit l'intérêt que je témoigne à ces sports
de rue, où qu'ils se pratiquent, même si la priorité doit
être donnée à des quartiers ou des villages qui ne disposent
pas d'autres infrastructures. Certains jeunes n'ont aucune possibilité
d'exercer une activité physique parce que l'école est fermée
ou parce que les lotissements sont plus petits que par le passé et
ne disposent pas d'infrastructures communes. Le Moniteur belge a d'ailleurs
publié il y a quelques jours la circulaire urbanistique qui prévoit
la faculté d'imposer des réserves de terrains pour la collectivité.
C'est le dernier acte que j'avais posé en tant que ministre de l'Urbanisme.
Il y a donc une réelle volonté politique de subventionner ces
aménagements. Ces infrastructures ne permettent pas seulement de pratiquer
le football, elles sont polyvalentes et se prêtent aussi bien à
la pratique du volley que du tennis, du handball, du hockey et bien d'autres
sports. Cela permet également d'éveiller les jeunes à
ces disciplines sportives et de les amener à devenir membres d'un club.
Le sport de quartier est une dynamique initiée par la Communauté
française pour laquelle 103 000 euros étaient inscrits au budget
2009. Il s'agit de l'encadrement des infrastructures existantes. Le budget
est passé à 900 000 euros afin d'intensifier l'encadrement et
les animations durant les vacances scolaires.
Vous aurez compris que même si le chèque-sport a disparu, une
autre logique s'implémente avec les crédits d'infrastructure,
d'animation et de formation. Nous allons donc pouvoir répondre aux
attentes des milieux concernés.
Richard Miller - Je vous remercie de votre réponse, monsieur le ministre.