14 juillet 2008

Au Parlement de la Communauté française, question no 429 de Richard Miller au Ministre de la Culture et de l'Audiovisuel sur " Les interruptions durant la retransmission Allemagne-Turquie "

La retransmission des matchs de l'Euro a renforcé considérablement les taux d'audience de la chaîne publique.

Toutefois à la suite d'orages qui ont éclaté dans le ciel viennois durant la retransmission du match Allemagne-Turquie, celle-ci a fait l'objet de plusieurs interruptions importantes.
C'est à Vienne qu'est installé l'International Broadcasting Center (1BC), quartier général de la diffusion du signal des matchs de l'Euro. Ce soirlà 80 chaînes avaient acheté les droits de retransmission en direct de ce signal international, mais la foudre serait tombée à trois reprises sur les serveurs de retransmission.

Or quand une chaîne achète les droits auprès de l'UEFA, elle achète en même temps la garantie de bonne tenue et la sécurité du signal. Au moment où en Belgique les clubs de football en division 1 doivent investir dans des terrains chauffants pour se garantir les droits TV, quelles sont les garanties que l'on peut imposer à l'UEFA?

Différents calculs d'audience réalisés en France montrent que plusieurs millions de téléspectateurs français ont quitté, pour les mêmes raisons, TF1 pendant ces trois interruptions.

Des mesures semblables ont-elles été réalisées pour la RTBF en Communauté française ? Cela a-t-il entraîné des pertes de rentrées financières publicitaires ? Les publicistes ont-ils introduit des demandes de remboursement auprès de la RTBF ? En ce cas, la RTBF négocie-t-elle avec l'UEFA pour des compensations financières, comme le fait TF1 en France ?

Réponse : Tout d'abord, il va sans dire que la RTBF ne peut que vivement regretter les problèmes techniques qui ont émaillé la retransmission du match Allemagne-Turquie le 25 juin dernier lors de l'EURO 2008.
Ces problèmes (coupures d'images et/ou du son) ont été rencontrés par l'ensemble des radiodiffuseurs (à l'exception de la télévision suisse) et ont constitué dans leur chef et celui de l'organisateur (sous réserve d'éléments contraires non établis à ce jour) un cas de force majeure. Conformément au droit commun, un tel cas de force majeure devrait exonérer l'organisateur de toute responsabilité.
Je rassure M. le Député en lui indiquant que l'audience de ce match, malgré les problèmes techniques intervenus, a été excellente à l'image de l'ensemble de l'EURO 2008 et a même constitué la quatrième meilleure audience de l'EURO 2008, à savoir une moyenne de 573.933 téléspectateurs 4+ et une part d'audience de 35,3%.
Il faut malgré tout reconnaître que la RTBF a évidemment subi un mouvement d'audience au moment des coupures mais les téléspectateurs sont revenus sur la RTBF après avoir constaté que les autres radiodiffuseurs connaissaient les mêmes incidents.
Qui plus est, la courbe d'audience est nettement ascendante tout au long du match.
Aucun écran publicitaire n'a été affecté par les incidents et aucune perte financière publicitaire directe n'a été enregistrée.
Pour le reste, la situation de chaque éditeur audiovisuel n'est pas nécessairement comparable. Ni la Communauté française ni la RTBF n'ont à apprécier celle vécue concrètement par TF1 qui devait partager les droits de diffusion de l'EURO 2008. Néanmoins, la RTBF entend se concerter avec ses collègues de l'UER et se réserver le droit de demander à l'organisateur les mêmes indemnités que celles qu'il accorderait à d'autres éditeurs s'il s'avère que sa responsabilité peut être établie et qu'un réel préjudice peut être prouvé de la part du média.
Enfin, ces incidents, et plus encore l'occultation de certains incidents par le réalisateur, pose avec acuité la problématique de la maîtrise par les fédérations ou des agences privées, de la production et de la diffusion de ces rendez-vous majeurs. Cette question, posée très directement par la SSR (société suisse de radiodiffusion - la télévision publique suisse francophone) est également débattue dans les instances de l'UER.