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Actualité :
Parlement de la Communauté française
- séance publique du mardi 15 mars 2005
Question de M. Richard Miller à Mme
Marie-Dominique Simonet, vice-présidente et ministre de
l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique
et des Relations internationales, relative à la «
cohérence des relations extérieures francophones
»
Ma question est liée aux faits que
M. Dubié vient de citer, et aux éléments
très intéressants qu’il vient d’apporter.
Lorsque le PS et le cdH ont négocié l’accord
de gouvernement, un mot courait sur toutes les lèvres :
synergie. C’était devenu un leitmotiv, un terme à
la mode, exprimé à grand renfort d’expressions
telles que : « Nous allons promouvoir et dynamiser les synergies
». Mais ces synergies, si positives qu’elles puissent
paraître, peuvent également révéler
certains aspects pervers, d’où ma question à
la ministre. Cette assemblée est fondamentalement attachée
aux compétences que la Constitution lui a données.
Ce sont toutes des compétences à caractère
humaniste et profondément éthique. Le ministrequi
a en charge les relations extérieures dela Communauté
française se doit de faire rayonner, à l’extérieur
de nos frontières, le message quiest le nôtre et
que les compétences dont je viens de parler traduisent.
Il ne faudrait pas qu’en fonction de ses compétences
tant au niveau de la Région wallonne que de la Communauté
française, la ministre soit amenée à mener
une politique communautairequi ne soit pas le reflet exact de
ce que le constituant nous a apporté et dont il nous a
confié la charge au niveau de cette assemblée, à
savoir le respect des libertés et des droits de l’homme
dans toutes les parties du monde. Or, le dossier révélé
par M. Dubié montre qu’il y a matière à
réflexion en ce qui concerne certaines des compétences
que la ministre exerce en dehors de cette assemblée. Il
est bien entendu que je respecterai le règlement et que
je m’abstiendrai de prononcer certains mots, mais je m’interroge
sincèrement sur la capacité de la ministre à
porter le discours humaniste dans notre assemblée. (Applaudissements
sur les bancs du MR)
Réponse de Mme Marie-Dominique
Simonet, vice présidente et ministre de l’Enseignement
supérieur, de la Recherche scientifique et des Relations
internationales.
- Je vous répondrai la chose suivante : si les portefeuilles
des ministres des Relations intérieures, extérieures
et des Relations internationales de la Région wallonne
et de la Communauté française ont été
placés sous l’égide de la même personne,
c’était dans un souci de cohérence et de synergie.
Je veille à ce que cette cohérence soit une réalité,
et ce à chaque fois que la complémentarité
entre la Région wallonne et la Communauté française
est un vecteur de valeur ajoutée. Je veille à cette
cohérence de manière globale lorsque je prends une
décision dans le cadre des compétences de la Région
wallonne, notamment en incluant la Communauté française
dans cette décision. Ce qui vaut dans ce sens vaut évidemment
dans l’autre. M. Dubié m’a remis un document
qui est effectivement postérieur à la date à
laquelle j’ai pris la décision dont nous parlons.
Une prise de décision implique par définition le
fait de choisir et d’évaluer des éléments
à un moment donné. Vous conviendrez que je me suis
donnée le temps de la réflexion avant de décider,
et ce afin de recueillir un maximum d’éléments.
Je joindrai le document à ce que M. De Gucht ne manquera
pas de me transmettre lorsque je le rencontrerai jeudi. Et je
reviendrai, comme décidé devant le gouvernement
wallon munie de votre document, soyez-en assuré. J’ai
consacré du temps au dossier dont on ne peut pas parler
(celui qui commence par un « T »). C’est également
la première fois que l’on pose tant de conditions
qui s’avèrent tantôt très rigoureuses
et précises, tantôt assez larges pour que l’on
puisse revenir sur une décision et suspendre, retirer ou
ne pas renouveler cette licence. Je verrai et j’entendrai
M. De Gucht jeudi à ce sujet, de la même façon
que je vous entends et que j’entends une série d’arguments
que d’aucuns portent à ma connaissance. Je verrai
ensuite en quoi la décision wallonne peut être contraire,
du moins sur la forme, aux intérêts du pouvoir fédéral.
Je ne reviendrai pas sur ce que j’ai déclaré
sur le fond. Pour le reste, la situation de la région des
Grands Lacs demeure difficile depuis longtemps, indépendamment
de la décision de la région wallonne, et dont il
ne convient pas d’aborder ici les détails. Je pense
et je réaffirme que, dans la situation des Grands Lacs,
chacun a, selon son niveau de compétence, la volonté
d’aider la république démocratique du Congo
dans une transition vers des élections qui déboucheront
sur la paix et le calme. C’est en tout cas la position de
la Région wallonne et de la Communauté française.
(Applaudissements sur les bancs de la majorité)
Richard
Miller (MR).
- Nous serons particulièrement attentifs au suivi
que Mme la ministre donnera à sa rencontre avec le ministre
fédéral des Affaires étrangères. J’espère,
et c’était un peu le sens de mon intervention, que
nous pourrons débattre de cette matière, dans le
respect des compétences de la Région wallonne et
la Communauté Wallonie-Bruxelles. Cependant, une volonté
de synergie s’est manifestée, nous devons trouver
un lieu pour en débattre.
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