Actualité :
Parlement wallon, en
séance du mercredi 16 janvier 2008
INTERVENTION DE RICHARD MILLER SUITE A L'INTERPELLATION
DE M. KUBLA À M. DAERDEN, MINISTRE DU BUDGET, DES FINANCES
ET DE L'ÉQUIPEMENT, SUR " L'ÉTAT DES ROUTES WALLONNES
ET L'INSTAURATION D'UNE VIGNETTE AUTOROUTIÈRE "
Richard Miller - Comme l'a rappelé
M. Kubla, la Cour des comptes a pointé les dysfonctionnements
ponctuels dans l'organisation du MET.
Sans faire preuve de sous-localisme, je limiterai mon intervention
à la Province de Hainaut. Vous aviez, en effet, reconnu qu'une
forte proportion de victimes de la route en Région wallonne
est constatée au niveau de ce territoire. Près de
40 % des décès ont eu lieu dans cette Province. Je
suis d'accord avec vous, la cause de ce phénomène
n'est pas uniquement l'état de l'infrastructure, il y a aussi
des facteurs sociologiques et géographiques. Il n'empêche
que ce taux est bien réel. Je vous rappelle que c'est un
tribunal de Charleroi qui, pour la première fois, a reconnu
la Région wallonne responsable de la mort de deux motards.
L'infrastructure routière et autoroutière dépend
du MET. L'efficacité du MET en Hainaut, au vu de ces résultats,
ne peut qu'être mise en doute, d'autant que l'enveloppe budgétaire
du MET en Hainaut est de 48,5 millions d'euros.
Vous aviez annoncé, en octobre, une étude spécifique
sur le Hainaut afin de dégager les causes de ces mauvais
résultats. Où en est le lancement de cette étude
? Je vous pose la question parce que vous avez une grande capacité
à annoncer des intitiatives et à ne pas les concrétiser.
Je vous rappelle que cela fait deux ans que vous m'annoncez régulièrement
un feu vert pour les investissements socialement et écologiquement
responsables de la part des pouvoirs publics wallons, mais je ne
vois rien venir.
M. Michel Daerden, Ministre du Budget, des
Finances et de l'Équipement. - De nombreuses interventions
et questions concernent la problématique de la route avec
différentes facettes additionnelles comme la vignette auto-routière
ou la responsabilité sur le plan juridique. C'est un débat
très intéressant et je répondrai aux intervenants
le plus précisément possible.
Je rappelerai tout d'abord l'ampleur de notre réseau. M.
Kubla évoquait le nombre de kilomètres du réseau
wallon. Pour que ce soit clair, le réseau wallon compte 869
kilomètres d'autoroute, 6.839 kilomètres de routes
régionales, 714 kilomètres de routes provinciales
et 71.286 kilomètres de routes communales. Soit, au total,
un peu plus de 79.700 kilomètres dont 90 % de routes communales.
J'assume les critiques, mais cette seule notion complique l'analyse.
Quand on voit des images de nos routes, on ne sait pas s'il s'agit
de routes communales, provinciales ou régionales. Au-delà
de cela, se pose un grand problème de financement : je ne
peux intervenir sur les routes communales. Un Parlementaire demandait
que l'on investisse davantage sur les routes régionales et
communales, mais nous sommes là dans le cadre des travaux
subsidiés. Je ne nie pas les problèmes des Communes,
je suis moi-même Bourgmestre depuis une quizaine d'années.
Je suis conscient de cela, mais c'est un autre débat. Dans
cette logique, quand je reviens " chez moi ", le réseau
compte 870 kilomètres d'autoroutes et 6.800 de routes régionales
et il y a déjà là de nombreux problèmes.
Vous l'avez évoqué, la Cour des comptes a présenté
un Rapport. Plusieurs intervenants ont remis les choses en l'état.
La suite de l'analyse consistera à mesurer l'impact des mesures
prises. Pour ma part, j'ai fait évoluer considérablement
le budget dans ce domaine. Dans le passé, 50 % du budget
étaient consacrés à l'entretien et 50 % à
l'investissement. Aujourd'hui, c'est 2/3 pour l'entretien et 1/3
pour l'investissement. Cela représente, pour le réseau
régional, 155 millions d'euros par an. Est-ce assez ? On
peut en discuter longuement, mais je pense que non. Avec la Cour
des comptes, je veux bien dire qu'il faut plus de moyens, j'en suis
convaincu. M. Grommes me demandait s'il y avait une réparation
chaque fois qu'un petit problème était constaté,
je n'oserais pas lui répondre par l'affirmative.
En 2007, une analyse scientifique du réseau a été
effectuée. Toute la vérité ne réside
pas dans l'analyse scientifique, des agents locaux ont aussi une
bonne perception du réseau, je suis d'accord sur ce point
avec M. Stoffels. Nous avons aujourd'hui 13.700 kilomètres
de bandes de circulation qui ont été examinés
dans le cadre de cette étude. Sur ces 13.700 kilomètres,
74 % ont un indice satisfaisant. Pour le réseau à
grand gabarit, soit 2.000 kilomètres d'autoroutes et de nationales,
ce chiffre s'élève à 85,7 %. Je reconnais donc
implicitement qu'il faut parfaire l'oeuvre. Des moyens additionnels
sont nécessaires. Combien ? J'ai quelques réserves
sur les chiffres qui ont été cités, à
l'exemple de 320 millions, ou du doublement des montants réservés
à l'entretien. Tout cela est relatif. Si vous vous basez
sur les études européennes, ces chiffres sont contestables.
Cependant, il faut investir plus de moyens dans notre réseau,
j'en conviens.
Richard Miller -
Je n'en veux pas à M. le Ministre de ne pas avoir répondu
à ma question puisque je n'étais initialement pas
inscrit dans le débat. Je maintiens toutefois ma question.
Il est assez troublant de voir que la Province du Hainaut "
cartonne " avec des chiffres alarmants de décès
sur la route. Il y a là un problème évident
qui doit être cerné et réglé.
Par ailleurs, je n'ai pas critiqué le MET. J'ai seulement
souligné qu'il y avait des difficultés et, dans ce
cas, il est normal de s'intéresser à ce que fait le
MET pour y répondre.
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