Communiqué de presse - Mercredi 16 décembre 2009

Publicité commerciale sur la RTBF: Richard Miller dénonce le caractère hallucinant des décisions prises les partis PS-Ecolo-CDH

Dans le cadre du débat budgétaire à la Communauté française, le Député wallon MR Richard Miller s'en est pris durement au Gouvernement olivier en dénonçant le caractère hallucinant des décisions prises les partis PS-Ecolo-CDH en matière de publicité commerciale sur les antennes de la RTBF.

Tout d'abord, alors que c'est la première fois en Communauté française qu'un ministre de l'audiovisuel est en même temps ministre de la santé, il est difficile de comprendre que la première mesure prise par Mme Laanan (PS) soit de permettre la diffusion de la publicité pour les médicaments. Même la Ministre fédérale Mme Onkelinx (PS), a regretté à la tribune de la Chambre le fait de n'avoir pas été consultée par le gouvernement de la Communauté française(Question n°16010, de M.J.J.Flahaut). C'est le plus mauvais message qui puisse être diffusé en termes de prévention pour la santé.

Autre mesure votée par Ecolo : la coupure, par des séquences publicitaires, des œuvres de fiction diffusées par la RTBF. Richard Miller a rappelé les déclarations de M.Philippot lors du colloque organisé le 9 mai 2008, par le Parlement de la Communauté française. Opposé à ces coupures pour des raisons culturelles, il déclarait : « nous avons adopté une position, sans doute coûteuse sur le plan économique, mais qui relève d'un parti pris culturel : nous refusons la coupure des films. On a fait allusion aux séries américaines qui sont construites, voire écrites en fonction des coupures publicitaires. Lors de la négociation du nouveau contrat de gestion, cet élément a été abordé et j'ai personnellement exprimé mon désaccord » (Doc 649 (2008-2009) n°1, p.13). M. Philippot a cette fois cédé : il est vrai que la nouvelle présidente du Conseil d'Administration de la RTBF, Mme Winants, est Ecolo.

Quand on sait que le 1er janvier le plafond des rentrées publicitaires de la RTBF passera de 25 à 30 %, et que les techniques utilisées, comme l'écran partagé ou l'écran publicitaire interactif, « collent » le spectateur à la publicité diffusée, il est incompréhensible de voir la majorité de gauche en Communauté française voter un décret dont les effets seront les plus nuisibles pour les milieux défavorisés. En effet, lors du colloque déjà évoqué, Mme Catherine Rousseau, du CRIOC a confirmé que « que les personnes les plus démunies véhiculent davantage de stéréotypes et ont des comportements d'achats qui semblent plus influencés par les messages publicitaires » (p.17).

Autre aspect, le cabinet Laanan a avancé deux arguments pour faire passer la pilule : une étude sera réalisée sur la recherche de financements alternatifs, et les films qui seront coupés ne seront pas des films d'auteur.

L'étude : l'olivier aurait dû faire l'inverse, commencer par réfléchir et ensuite décider. Bref cette étude fait partie des alibis caraméleux d'une majorité, et particulièrement du parti Ecolo, qui fait le contraire de ce qu'il proposait en campagne électorale.

Quant aux films d'auteur, qui va décider si un réalisateur est un auteur ou pas ? Mme Laanan sait que les films et séries qui seront désormais préférés seront du « formaté », du « prêt-à-penser », du « prêt-à-uniformiser » les pensées et les émotions.

La ministre socialiste s'apprête à faire ce que le PDG de TF1 avait reconnu être son métier : « Vendre des parts de cerveau humain à Coca-Cola ». Ce qui est totalement en opposition aux missions culturelles de service public qui sont celles de la RTBF, et qui justifient sa dotation publique de 200 millions d'euros. A tel point, comme l'a dit M.Rosenblatt de RTL-TVi , que bientôt on pourra se demander « en quoi dans un proche avenir on pourra encore distinguer la RTBF d'une chaîne privée » (Vers L'Avenir, 4/12/2009).

La réponse est simple : ce ne sera plus au niveau du contenu, mais au niveau du coût pour le citoyen. En particulier pour les autres secteurs culturels de la Communauté française qui voient la plus grosse partie des subsides culturels partir vers une RTBF, que l'olivier est occupé de transformer en un simple outil de consommation sans spécificité. A l'heure où nombre d'opérateurs en appellent par une Carte Blanche à une « écologie culturelle », l'attitude d'Ecolo est inacceptable.

Enfin, Richard Miller, a interrogé le Ministre du Budget , sur ses déclarations en Commission : alors que Mme Laanan ne cesse de dire que les économies imposées à la RTBF, et le renforcement de la publicité commerciale ne valent que jusque 2012, André Antoine a déclaré : « A la RTBF c'est après 2012 que les difficultés vont survenir parce que là on aura plus difficile à organiser les économies... »(Doc. 55 (2009-2010) n°7, p.5). Qui faut-il croire et que cache, pour la RTBF cette menace à peine voilée ?