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Mardi 16 janvier 2007
Au Parlement wallon, en commission des Affaires générales, de la Simplification administrative, des Fonds européens, du Règlement et de la Comptabilité :

Question orale de M. Miller à M. di rupo, Ministre-président du GouverneMent wallon, sur " le projet de traité international sur le commerce des armes"

Richard Miller - Monsieur le Président, cela n'a peut-être l'air de rien, mais il s'agit quand même d'une des premières questions relatives au commerce des armes qui n'est pas développée à huis clos dans notre Parlement.

 

Monsieur le Ministre-Président, lors de sa réunion du 11 décembre dernier, le Conseil européen a adopté des conclusions relatives à la proposition concernant un traité international sur le commerce des armes. Cette décision européenne fait suite à l'adoption, le 6 décembre 2006, par l'Assemblée générale des Nations Unies de la résolution intitulée "Vers un traité sur le commerce des armes : établissement de normes internationales communes pour l'importation, l'exportation et le transfert des armes conventionnelles.".

 

Monsieur le Ministre-Président, quel est le point de vue du gouvernement wallon à propos de cette résolution ?

 

Quelles sont les retombées attendues dans l'ordre juridique wallon de ce texte de l'ONU ?

 

Et enfin, quel est l'agenda prévu en la matière afin de concrétiser cette résolution ?

 

M. Di Rupo, Ministre-Président du gouvernement wallon. - Monsieur le Président, chers Collègues, je tiens d'abord à remercier M. Miller et je reconnais là son optimisme, puisque l'ONU a décidé d'avancer sur une résolution, et nous voilà déjà en train de nous demander : "Comment la Région wallonne va-t-elle mettre cela en oeuvre ?".
D'abord, on se réjouit et, par les temps qui courent, se réjouir est déjà une notion importante. On se réjouit de la résolution de l'Assemblée générale des Nations Unies qui est intitulée - et chaque mot compte - : "Vers - et j'insiste sur le terme vers - un traité sur le commerce des armes : établissement de normes internationales communes pour l'importation, l'exportation et le transfert des armes conventionnelles.". Ceci signifie bien qu'il ne s'agit pas encore d'un traité, mais bien de tendre vers celui-ci.
Le Code de Conduite a fait ses preuves dans 33 pays qui l'ont déjà adopté, dont le Canada qui est un pays situé en dehors de la Communauté européenne.
Il va sans dire que la Belgique soutient cette résolution, au même titre que la Wallonie la soutient également, bien entendu.
Néanmoins, nous devons rester lucides et poursuivre le travail, car les états-Unis ont voté contre la résolution et 24 autres pays se sont abstenus, et l'ONU ne prévoit pas la mise en place d'un groupe d'experts avant 2008. Dès lors, il va sans dire que nous allons suivre l'évolution, et que, dans la mesure où on peut jouer le moindre rôle, nous sommes disposés à le jouer et que nous mettrons tout en oeuvre à la fois pour contribuer à ce que cette résolution devienne une réalité et pour appliquer cette réalité chez nous. Nous avons le sentiment très objectivement que nous sommes vraiment, à cet égard, très à l'avance et avec une rigueur qui peut être qualifiée d'exemplaire en matière d'analyse et d'autorisation des exportations.
En tout cas, c'est un pas dans la bonne direction. Cela ne fait l'ombre d'aucun doute, mais le chemin est encore long entre cette intention et la réalité. Mais bon, le fait est qu'il y a quand même cette résolution, même si on voit que ce n'est pas encore acquis dans d'autres domaines comme par exemple le protocole de Kyoto - les états-Unis sont aussi à la traîne - mais cela ne nous empêche quand même pas d'avancer d'une certaine manière.

Richard Miller - Je remercie M. le Ministre-Président.
Je ne doutais pas de votre avis sur cette résolution de l'ONU, à savoir que c'est un pas dans la bonne direction. Je m'inscris aussi dans ce qu'il a dit en terminant la réponse et en évoquant Kyoto et l'attitude des états-Unis, parce que ce n'est pas un cas isolé, puisque les états-Unis ont également voté contre la résolution relative à la résolution de l'Unesco concernant la diversité culturelle. Les états-Unis sont un des seuls pays à avoir voté contre. Il n'empêche que l'ensemble des autres pays ont réussi à ce que le texte soit adopté.
Même un pays aussi petit que le nôtre peut avoir une action importante - je ne doute pas que le Ministre Président la partage -, d'autant plus que le texte de cette convention Unesco pour la diversité culturelle n'a toujours pas été ratifié par la Belgique, puisque nos amis Flamands ne veulent pas le ratifier. Nous, nous l'avons ratifiée, à la Communauté française et à la Région wallonne, tout est fait de notre côté. Il n'y a que du côté flamand que cela bloque et cela empêche la ratification par l'état belge, ce qui est quand même un peu triste étant donné que, notamment la Communauté française et vous-même, Monsieur le Ministre-Président, quand vous aviez en charge la responsabilité, nous avons fait beaucoup pour cela. Un autre exemple tout aussi malheureux, c'est le projet de traité constitutionnel européen qui n'est toujours pas ratifié par la Belgique parce que la Flandre a voté, mais n'a pas ratifié le texte.

M. di rupo, Ministre-Président du gouvernement wallon. - Le Gouvernement flamand a voté cela maintenant.

 

Richard Miller - Oui, mais ce n'est pas ratifié.

 

La Belgique qui est un des pays fondateurs de l'Union européenne n'a toujours pas ratifié le texte.

 

Cela montre bien que, d'un côté, ce n'est pas gagné, mais d'un autre côté, l'action, même d'une entité réduite comme la Région wallonne, la Communauté française ou même notre pays, a toute son importance quand il s'agit de textes internationaux comme ceux-ci.

 

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