Actualité :
17 octobre 2007, au
Parlement wallon, Question écrite de MILLER Richard à
DAERDEN Michel - Ministre du Budget, des Finances et de l'Equipement
sur la situation du revêtement routier dans la province de
Hainaut.
A la dernière séance plénière,
Monsieur le Ministre a affirmé sa réelle volonté
d'obtenir, à terme, un réseau de qualité et
sécurisé.
Dans le triste constat de la Région wallonne
en matière de sécurité routière, sont
apparues quelques disparités régionales importantes
:
- la province de Hainaut compte le nombre de
décédés (dans les 30 jours) le plus important
en Région wallonne (soit 40 % des décédés
en Région wallonne);
- plus d'un cinquième des tués des nuits de week-end
du pays sont survenus dans la province du Hainaut.
N'est-on pas en droit de s'interroger sur l'efficacité
des services du MET en Hainaut quand on constate une telle évolution
négative ?
Sur les 47 zones à risques définies
par le Gouvernement wallon en avril dernier, 17 ont été
localisées par le MET en province de Hainaut. Monsieur le
Ministre pourrait-il me préciser
- la localisation exacte de ces points noirs;
- les travaux et actions prioritaires dans la province ?
La régulation du dépassement des
poids lourds en fonction de la densité du trafic sur l'autoroute
de Wallonie (entre Daussoulx et Saint-Georges) fait ses preuves.
Ne serait-il pas opportun d'équiper certains tronçons
en Hainaut avec ce même type de dispositif ?
Plus de 50 % des revêtements en béton
ont plus de 30 ans. Alors que la France rénove ses revêtements
routiers tous les 8 ans, le budget du Hainaut n'en permet le renouvellement
que tous les 25 ans ! Pour rappel, c'est un tribunal de Charleroi
qui a, pour la première fois, reconnu la Région wallonne
responsable de la mort de deux motards. Etant donné les statistiques
catastrophiques de cette région, Monsieur le Ministre envisage-t-il
des actions particulières ?
Réponse du 27/11/2007
L'honorable Membre a tout à fait raison
de constater qu'une forte proportion des victimes de la route en
Région wallonne est constatée en province de Hainaut.
Je me garderais, bien entendu, d'en déduire
une liaison directe et unique avec l'état des infrastructures
en province de Hainaut.
Comme l'honorable Membre le sait, l'insécurité
routière est soumise à une multitude de facteurs au
nombre desquels l'infrastructure n'est qu'une composante.
Il conviendrait, dès lors, d'étudier
plus spécifiquement la situation en province de Hainaut dans
sa globalité afin de dégager les faisceaux de causes
qui conduisent à ces mauvais résultats ainsi que de
proposer des actions concrètes de terrain.
Quoi qu'il en soit, en province de Hainaut,
comme ailleurs, des actions ciblées sont menées afin
d'augmenter la qualité de nos routes et de sécuriser
notre réseau. Ces actions portent, notamment, sur les abords
d'écoles, la sécurité des motards et, les zones
à haut risque.
J'ai présenté au Gouvernement
wallon, en avril dernier, une liste de quarante-sept zones à
haut risque et de huit itinéraires à haut risque.
Parmi ceux-ci, dix-huit ZHR et deux IHR sont situés en province
de Hainaut.
Je tiens à la disposition de l'honorable
Membre le listing de ces points singuliers ainsi que leur localisation.
Au jour d'aujourd'hui, les actions suivantes
ont d'ores et déjà été menées
:
1° pour ce qui concerne la Direction des
routes de Mons :
- la ZHR située sur la R.N. 58 à
Mouscron (" Chêne du Bus ") a été
traitée via réalisation d'un giratoire et ne pose
plus problème;
- la R.N. 27 à Seneffe a fait l'objet de divers aménagements
en 2006 et 2007 et plus aucun accident grave ne s'y est produit
depuis lors, même si la configuration particulière
de cette voirie m'amène à demeurer prudent;
- le R50 à Mons a fait l'objet de réfection de revêtements
et de réalisation de nouveaux marquages au sol au cours de
ces derniers mois. Une analyse aura prochainement lieu en CPSR afin
de déterminer si ces aménagements ont permis ou non
d'en réduire la dangerosité. Il est à noter
que s'agissant d'un ring, cette voirie est malheureusement propice
aux excès de vitesses et les possibilités d'aménagements
physiques y sont limitées;
- la R.N. 537 à Saint-Ghislain (échangeur A7-E19-E42)
fait l'objet d'examens divers en CPSR en vue de déterminer
avec exactitude les causes des accidents qui s'y produisent. Des
aménagements seront réalisés dès qu'une
origine précise aux accidents qui s'y produisent aura été
identifiée. Diverses améliorations ponctuelles y ont
cependant déjà eu lieu;
- la R.N. 7 à Tournai (Chaussée de Lille) a déjà
été aménagée via une réduction
de la largeur des bandes de circulation. Une des origines du problème
a trait à la vitesse excessive des automobilistes qui empruntent
cette voirie et des délimitateurs de chaussée seront
installés courant 2008 afin de forcer les automobilistes
à adapter leur vitesse à la configuration des lieux;
- la R.N. 535 à La Louvière a été pour
partie aménagée en 2006 et la suite des travaux y
sera réalisée fin 2008/début 2009 dans le cadre
des crédits d'intermodalité.
2° pour ce qui concerne la Direction des
routes de Charleroi :
- sur la A54 un nouveau revêtement a été
posé à la sortie de Charleroi et jusque Thiméon,
ce qui englobe la section délimitée par les BK 19.050
et 19.750;
- sur la R.N. 5 au nord de Charleroi, les travaux du métro
devraient permettre de réaménager l'assiette de la
voirie et ainsi éliminer les divers points noirs relevés
à différents carrefours, dont ceux des R.N. 568, 569
et 585;
- sur la R.N. 5 au sud de Charleroi, un aménagement avec
feux tricolores a été réalisé aux Quatre
bras de Couillet qui a semble-t-il permis de sécuriser les
lieux, même si cet endroit reste délicat en cas de
non-respect des phases de feux par les usagers de la route;
- la R.N. 90 a fait l'objet d'aménagements de sécurité
avec création d'îlots centraux en 2006 et la suite
de ce dossier est programmée à partir de 2009, dans
le cadre des travaux de réfection de la traversée
de Marchienne/Charleroi porte Ouest;
- pour 2008, j'ai également demandé à ce que
soit étudié la sécurisation de la sorite de
la bretelle d'accès à la RN568 depuis l'A54 à
Gosselies. Cet endroit devrait normalement pouvoir être sécurisé
via l'installation d'un feu tricolore;
- enfin, des travaux de mise à double sens du ring de Châtelet
seront entrepris en 2008, ils devraient permettre de solutionner
définitivement les problèmes d'insécurité
pour les usagers de la route qui souhaitent accéder à
la rue du Mayeur.
Pour ce qui concerne le volet de la question
qui a trait au dépassement des poids lourds, je peux informer
l'honorable Membre que le tronçon de la E42 situé
entre Daussoulx et Sambreville est en cours d'équipement
de panneaux à messages variables permettant une gestion dynamique
des flux de trafic, dont l'interdiction de dépassement des
poids lourds.
Suite à une décision prise au
niveau fédéral, la législation relative à
ces dépassements va changer en janvier prochain. Cette nouvelle
version va renverser la règle, c'est-à-dire qu'il
sera, par défaut, interdit aux véhicules lourds de
dépasser sur les routes et autoroutes à deux voies
par sens de circulation. Il appartient alors au gestionnaire de
voirie d'autoriser, en fonction des conditions de trafic, le dépassement
de ce type de véhicules.
Je pense qu'il faut attendre la mise en ?uvre
de cette mesure et son évaluation avant de déployer
davantage d'équipements de ce type.
Enfin, j'informe l'honorable Membre que la province
de Hainaut se voit octroyer annuellement une enveloppe de l'ordre
de 46.5 millions d'euros pour l'entretien et la sécurisation
du réseau. Cette enveloppe est considérable. Je ne
nie pas que les besoins sont importants mais nous nous devons d'optimiser
l'utilisation des crédits.
En outre, comme je le rappelle souvent, les
actions en matière de sécurité routière
couvrent une multitude de facettes qui s'étalent de la prévention
à la répression en passant par la formation et des
routes de qualité.
Des actions coordonnées sont donc indispensables.
Je compte charger le futur Conseil supérieur de la sécurité
routière de cette mission d'étude et de coordination.
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