Mardi
1er décembre 2009
Au Parlement de la Communauté française,
en commission de l'Enseignement supérieur Question de M. Richard Miller
à M. Jean-Claude Marcourt, vice-président et ministre de l'Enseignement
supérieur, relative au " choix des études supérieures
"
Richard
Miller - Il y a quelques jours, les Fucam ont ouvert leurs portes
aux étudiants rhétoriciens à l'occasion du " Rhéto
Challenge ". Durant un après-midi, les étudiants ont découvert
les études de gestion, sciences politiques et communication autour
du thème de la micro-brasserie. Une centaine de jeunes ont participé
à des ateliers animés par les professeurs, assistants et étudiants
des Fucam (tournage d'un spot publicitaire, atelier photo, confection à
la chaîne de paniers du brasseur, simulation parlementaire, etc.).
Quelles
informations ont reçu les rhétoriciens sur les diverses possibilités
offertes par l'enseignement supérieur ? La première année
d'études dans le supérieur est souvent synonyme d'échec.
Je ne vais pas débattre sur les causes de ce pourcentage élevé.
Cependant, une des raisons évidentes est la mauvaise orientation. Combien
d'étudiants effectuent-ils une année dans une branche dont ils
savent parfaitement qu'elle ne leur correspond pas ? L'information donnée
aux rhétoriciens est-elle suffisante pour qu'ils effectuent un choix
réfléchi ? Est-il possible de l'améliorer et comment
? Ne serait-ce pas l'occasion d'élaborer un outil pour réduire
le taux élevé d'échecs en première année
?
M.
Jean-Claude Marcourt, vice-président et ministre de l'Enseignement
supérieur. - Je n'irai pas jusqu'à dire que des étudiants
entament des études " dans une branche dont ils savent parfaitement
qu'elle ne leur correspond pas ". En revanche, monsieur Miller, je vous
rejoins sur l'importance de l'information qui leur est dispensée pour
choisir leur orientation. L'entrée dans l'enseignement supérieur
implique de grands changements dans la vie d'un étudiant : nouvelle
institution, nouveaux enseignants, nouvelles matières, nouvelles méthodes,
nouveaux amis, nouveaux horaires, nouvelles obligations. Souvent ces mutations
génèrent du stress ou entraînent des difficultés.
C'est pour cette raison que la Communauté française développe,
en collaboration avec les professionnels et les acteurs concernés,
différentes méthodes et stratégies visant à limiter
ces effets négatifs et à favoriser la réussite.
Promouvoir la réussite dans l'enseignement supérieur implique
un soutien aux étudiants, une remédiation et une valorisation
de l'effort, mais aussi la diffusion en amont d'une information pertinente
sur les orientations possibles. Il est en effet essentiel que le jeune définisse
un projet d'étude propre. L'éducation au choix doit lui permettre
de développer un processus d'orientation personnel. Nous devons mettre
toutes les chances de son côté pour limiter les risques qu'il
ne se trompe et regrette l'orientation choisie, d'autant que nous savons que
la diversité de l'offre d'enseignement et la multiplication des trajectoires
professionnelles, si elles sont sources d'enrichissement, compliquent aussi
fortement le choix d'une orientation.
À cet égard, les initiatives prises dans l'enseignement secondaire
sont cruciales. Je songe ici aux actions des centres PMS ; aux activités
de sensibilisation et d'information aux métiers rendues désormais
obligatoires dans les écoles secondaires ; au salon annuel de l'éducation
de Namur ; aux salons organisés dans chaque ville importante par le
Service d'information sur les études et les professions (Siep). Je
songe également aux services InforJeunes ou encore à la plate-forme
Mon métier, mon avenir mise en ligne sur le site enseignement.be dont
l'objectif est d'informer les jeunes en obligation scolaire sur les métiers
et les formations.
L'enseignement supérieur a également son rôle à
jouer. Le Rhéto Challenge organisé par les Facultés universitaires
Notre-Dame de la Paix de Namur en est un exemple. Les universités et
hautes écoles wallonnes et bruxelloises développent également
des stratégies d'information et d'orientation à destination
principalement des élèves de cinquième et sixième
secondaires.
Ainsi, on ne compte plus les journées portes ouvertes, les journées
ou les semaines " d'immersion " pour les futurs étudiants,
les exercices et examens blancs, etc.
Plus fondamentalement, vous savez que je me suis prononcé contre le
maintien du numerus clausus dans les filières d'études où
il existe et que, dans le même temps, dans la Déclaration de
politique communautaire du gouvernement, on s'interroge sur le maintien de
l'examen d'entrée pour les études d'ingénieur.
Une solution de rechange pour ces études mais aussi pour d'autres pourrait
être la mise en place d'un test d'orientation, une sorte de bilan de
compétences indicatif que les futurs étudiants devraient réaliser
avant d'entamer leur première année de baccalauréat.
Le but ne serait certainement pas de limiter l'accès à l'enseignement
supérieur mais plutôt de faire prendre conscience à l'étudiant
du niveau où il se situe. En quelque sorte, il s'agirait d'un bilan
à valeur indicative et formative.
Parallèlement à ce test et avant sa passation, les institutions
d'enseignement supérieur pourraient alors s'engager à travailler
avec l'étudiant, notamment par des cours de rattrapage et de perfectionnement,
pour s'assurer qu'il maîtrise bien les compétences de base nécessaires
et, le cas échéant, l'aider à y parvenir.
Cela favoriserait aussi une meilleure orientation en connaissance de cause
des étudiants.
Richard
Miller - Votre réponse montre la volonté du gouvernement
de trouver des solutions à ce problème.
Le groupe MR sera attentif à l'évolution du dossier et à sa mise en œuvre et vous soutiendra pour défendre le test d'orientation. Nous le demandions d'ailleurs depuis longtemps.