Mardi 20 octobre 2009

Au Parlement wallon, en Commission de l'Economie, du Commerce extérieur et des Technologies nouvelles, Question orale de Monsieur Miller à Monsieur Marcourt, Ministre de l'Economie, des PME, du Commerce extérieur et des Technologies nouvelles, sur « la situation économique en Hainaut ».

M. le Président. - M. Miller nous ayant rejoint - il avait une interpellation dans une autre Commission - je vous propose de revenir à la question orale de ce dernier, sur « la situation économique en Hainaut ».

La parole est à M. Miller.

M. Miller (MR). - Comme je vous l'ai dit, j'interpellais le Ministre Furlan sur le financement des Communes et des Villes de Wallonie et cela a pris un peu de temps.

Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, chers Collègues, dans le quotidien Le Soir du 4 septembre dernier, les chiffres de la dernière enquête de l'Institut National de Statistiques ont été publiés. Ce quotidien passe au crible les revenus de 2006 de la population belge.

La situation n'est guère réjouissante. On pourrait se consoler en lisant que la province la plus pauvre de Belgique n'est pas située en Wallonie, vu que le Hainaut devance Bruxelles d'une courte tête, mais se serait une bien maigre consolation.

La situation du Hainaut est mauvaise, telle qu'elle est traduite dans les chiffres qui ont été publiés : 12.467 euros de revenus moyens. Cela représente tout de même plus ou moins 4.000 euros de moins qu'en Brabant wallon.

Au niveau des communes, aucune commune de la province de Hainaut n'apparaît dans le Top 20 des plus riches. Par contre, et là je crois que c'est un bien malheureux record, huit entités hennuyères figurent parmi les 20 communes les plus pauvres de Belgique.

Prévoyez-vous dans les différentes politiques que vous allez mener, Monsieur le Ministre, des mesures plus spécifiques pour faire face à des difficultés financières dans certaines zones de Wallonie, en l'occurrence le Hainaut ?

M. le Président. - La parole est à M. Marcourt pour sa réponse.

M. Marcourt, Vice-Président et Ministre de l'Économie, des PME, du Commerce extérieur et des Technologies nouvelles. - Je souhaiterais d'abord apporter aux chiffres les nuances suivantes.

On notera que les chiffres de revenus disponibles pour l'exercice 2007 sont plus favorables pour la province du Hainaut que ceux de certaines provinces flamandes et qu'ils sont similaires notamment à ceux des provinces d'Anvers ou de Flandre Orientale.

Ces chiffres de revenus sont certes également influencés par un taux de chômage élevé dans la Province qui, bien que toujours important, évoluait favorablement - je dis évoluait parce que depuis lors, nous devons faire face à la crise pour passer de 14, 4 % en 2006 à 11,6 % en 2008.

En ce qui concerne les mesures, c'est en effet en 2006 que le Gouvernement wallon a ajouté les bases d'une politique économique résolument innovante en mettant sur le pied le Plan Marshall, qui a commencé le 1er janvier 2006, en prévoyant des actions pour tous types d'entreprises - petites, grandes, innovantes ou non, incluses ou non dans des zones en difficulté -, ainsi que les actions spécifiques notamment en matière de formation et d'emploi.

Cette nouvelle politique a été évaluée cette année, en 2009 et ce virage pris en matière de réorientation politique économique n'as pas été remis en cause. Mieux, cette nouvelle orientation économique va être amplifiée au travers du Plan Marshall 2.vert.

En ce qui concerne le public visé, dans le cadre du Plan Marshall, de nombreuses initiatives ont été prises, comme par exemple dans les métiers en pénurie, dans la formation qualifiante. Des initiatives spécifiques ont également été prises par le Gouvernement wallon précédent en matière de pouvoir d'achat, notamment la hausse des bourses d'étude et la gratuité des transports en commun pour les moins de douze ans ou 50% pour les 12-24 ans.

Je pense qu'effectivement la situation hennuyère est une situation difficile. Alors je prendrai simplement deux aspects.

Nous avons nettement amélioré les choses et je pense que l'arrivée de Johnson & Johnson à Courcelles, de Google à Mons, de Microsoft Inovation Center, le fait que Baxter ait aujourd'hui un nouveau plan d'investissement, le fait que sur le plateau de Gosselies on a véritablement changé un certain nombre de choses, montre une dynamique que nous avons pu soutenir en province de Hainaut et qui change véritablement les choses au niveau économique, qui crée un véritable élan.

Je pense qu'il faut poursuivre dans cette voie. Je tiens à dire que dans la politique européenne de convergence, je tiens à remercier mes Collègues, puisque nous avons pu mettre beaucoup de choses au niveau économique.

Au niveau social, je constate que nous avons pu travailler sur des publics fragilisés, notamment les jeunes dans les quartiers les plus en difficulté et que dans ces quartiers, nous constatons véritablement que là où nous avons mis des structures intégrées pour soutenir les jeunes, pour les former et pour les amener à l'emploi, le résultat, tout en étant pas évidemment parfait, est extrêmement encourageant. C'est d'ailleurs ce qui a conduit l'actuel Gouvernement, dans sa DPR, de dire que nous allions généraliser ce genre de chose.

Tout cela pour dire que nous sommes en train de travailler sur les fondamentaux. Il est clair qu'aujourd'hui, vu la crise économique qui nous frappe notamment dans la sidérurgie - puisqu'en Wallonie, les différents hauts-fourneaux sont aujourd'hui à l'arrêt, même nous avons pour ce qui concerne Duferco un certain nombre d'intentions que ont été affichées pour le début de l'année prochaine -, je pense qu'il faut vraiment se dire qu'il y a un certain nombre d'éléments et que la situation est, comme toujours, plus contrastée. Nous continuerons au travers au Plan Marshall 2.vert, mais plus généralement au travers de toute la politique du Gouvernement de continuer l'action qui était la nôtre, à travailler sur le redéveloppement économique de la province du Hainaut.

Je tiens à dire in fine qu'en tant que Ministre de l'Enseignement supérieur, même si ce n'est pas en cette qualité que je suis devant vous, cela fait partie des éléments que j'ai à l'esprit. C'est de dire « Comment permettre aux populations, où socialement il y a le plus de difficultés, d'avoir accès à l'enseignement supérieur ? » Je pense que c'est un des éléments qui participera aussi au redéploiement de la province.

M. le Président. - La parole est à M. Miller pour la réplique.

M. Miller (MR). - Je remercie M. le Ministre pour sa réponse, à la fois parce qu'il a apporté des éléments de réponse, mais aussi pour le contenu de ceux-ci.

Effectivement, Monsieur le Ministre, mon objectif, en vous posant cette question, n'était pas d'essayer de montrer que rien n'était fait et que vous délaissiez la province du Hainaut, c'est plutôt une façon de prendre date, pour voir dans un an si la politique menée au niveau du Plan Marshall 2.vert apporte des résultats en Hainaut et, le cas échéant, si tout cela doit être revu, réadapté, etc.

Il y a des éléments importants dans votre réponse. Effectivement, la grande difficulté que nous avons - vous avez cité des sociétés importantes qui viennent de s'installer en Hainaut, comme à Courcelles ou Mons et en d'autres endroits -, c'est que tous ces emplois demandent quand même un haut degré de qualification. Mais la population qui est au chômage en Hainaut est une population qui souffre considérablement d'un manque de formation. Plus des emplois sont créés, plus des personnes se transforment en demandeurs d'emplois.

C'est tout cela qu'il faudra travailler ensemble et je peux vous dire que nous serons attentifs à la façon dont les politiques serons menées en Hainaut.