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Actualité :
Communauté française - 21
juin 2005
Proposition de résolution
relative à l’éradication de la poliomyélite
déposée par Richard Miller.
DÉVELOPPEMENTS
Selon la définition qu’en donne
l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la poliomyélite
est une « maladie très contagieuse provoquée
par un virus qui envahit le système nerveux et peut entraîner
en quelques heures une paralysie totale. Il pénètre
dans l’organisme par la bouche et se multiplie dans les
intestins. On observe dans les symptômes initiaux de la
fièvre, de la fatigue, des céphalées, des
vomissements, une raideur de la nuque et des douleurs dans les
membres. Une paralysie irréversible (des jambes en général)
survient dans un cas sur 200. Entre 5 et 10 % des patients paralysés
meurent lorsque leurs muscles respiratoires cessent de fonctionner.
La poliomyélite touche principalement les enfants de moins
de cinq ans ».
Comme il n’existe pas de traitement,
la prévention constitue la seule option. L’administration
du vaccin à plusieurs reprises confère à
l’enfant une protection à vie.
En 1994, la Région OMS des Amériques
(36 pays) a été certifiée exempte de poliomyélite,
suivie en 2000 par la Région OMS du Pacifique occidental
(37 pays et territoires, dont la Chine) et par la Région
européenne (51 pays) en juin 2002. Très endémique
sur les cinq continents en 1988, la polio ne se trouve plus désormais
que dans certaines zones de l’Afrique et de l’Asie
du Sud. Ce recul est le résultat de l’effort fait
au niveau mondial pour éradiquer la maladie.
Toutefois, malgré ces excellents résultats
l’OMS doit constater actuellement une recrudescence : le
nombre de cas dans le monde a augmenté entre 2001 et 2002.
En 2002, 1919 cas ont été déclarés
(au 16 avril 2003), contre 483 en 2001.
Cette recrudescence est due à une épidémie
en Inde et à un nombre supérieur de cas au Nigéria
» (source : OMS, www.who.int). Contrairement à ce
que pouvait espérer l’OMS, l’objectif sanitaire
majeur d’éradication planétaire de la poliomyélite
ne sera pas obtenue en 2005. Au contraire on observe depuis peu
une réémergence d’épidémies
dans une dizaine de pays africains. Des cas viennent d’être
identifiés à Java et en Indonésie où
la maladie avait pourtant disparu depuis une dizaine d’années.
Le 5 mai dernier, le journal français
« Le Monde » rappelait cette inquiétante augmentation
des cas de poliomyélite dans le monde.
Selon l’OMS, cette augmentation, principalement
constatée au Nigéria, est due à un groupe
de prédicateurs islamistes qui affirme à la population
que la vaccination fait partie d’un complot occidental destiné
à stériliser les femmes africaines en leur faisant
avaler des médicaments contaminés.
Pays le plus peuplé d’Afrique,
avec 130 millions d’habitants, le Nigéria est passé
de 355 cas recensés en 2003 à 788 en 2004. Les analyses
virologiques permettent d’affirmer que le virus qui vient
d’être isolé en Indonésie a été
importé d’Arabie
Saoudite, où il aurait été introduit par
des pélerins indonésiens de retour de la Mecque,
ou par des travailleurs migrants.
Le journal « Le Monde » rapporte
que le Gouvernement nigérian a officiellement condamné
ces atteintes portées aux nécessaires campagnes
de vaccination.
L’auteur de la présente proposition
souhaite attirer l’attention du Parlement et du Gouvernement
sur l’importance qu’il y a à lutter contre
la poliomyélite jusqu’à sa complète
éradication planétaire d’une part, et d’autre
part à adopter une conduite à la fois vigilante
et intransigeante face à ceux qui abusent de la peur et
de l’ignorance des plus faibles pour asseoir leur pouvoir
et étendre leur capacité de manipulation.
Aucune théorie philosophique ou religieuse
ne peut être utilisée dans le but de nuire à
la santé des personnes.
Il convient de garantir la continuité
et l’efficacité du travail de l’OMS, ainsi
que de toutes les autres organisations oeuvrant dans le domaine
de la santé au niveau international comme l’Unicef,
en condamnant le comportement de ceux qui, sous le couvert de
la religion, font courir à des populations démunies
des risques d’une extrême gravité pour leur
santé.
Compte tenu de la rapidité avec laquelle
la maladie se transmet, le combat mené par la communauté
internationale depuis tant d’années déjà
en vue de l’éradication mondiale de la poliomyélite
risque d’être mis en péril si les autorités
publiques, tant locales qu’internationales, ne prennent
pas les mesures utiles.
Proposition
de résolution relative à l’éradication
de la poliomyélite:
Le Parlement de la
Communauté française,
• Ne peut accepter
que l’on fasse courir à des populations démunies
des risques d’une extrême gravité pour leur
santé en les incitant à refuser les vaccins contre
la poliomyélite qui leur sont offerts grâce au travail
des organisations internationales telles que l’OMS, et la
politique d’aide humanitaire menée par de nombreux
Etats, au rang desquels se trouve la Belgique ;
• Demande au
Gouvernement de veiller, dans les relations internationales qu’il
pourrait avoir avec l’Inde et avec le Nigéria, à
ce que les autorités de ces Etats prennent toutes les mesures
nécessaires pour favoriser la vaccination contre la poliomyélite
;
• Incite le
Gouvernement, vu les compétences de la Communauté
française en la matière, à relayer les préoccupations
formulées par la présente résolution auprès
des Gouvernements des entités fédérées,
du Gouvernement fédéral ainsi qu’auprès
de la Commission européenne, notamment dans le cadre de
leur politique de coopération, de relations extérieures
et d’Affaires étrangères ;
• Demande au
Gouvernement de veiller à ce qu’aucune campagne de
vaccination menée en Communauté française
ne puisse jamais voir sa nécessité remise en cause
par des motifs étrangers au domaine de la médecine,
fondés sur la désinformation et l’entretien
de la peur, et dont la conséquence serait de nature à
porter gravement atteinte à la santé de celles et
ceux à qui cette vaccination est adressée, de même
qu’à la santé publique.
Richard Miller
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