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Actualité :
Communauté française - 21
juin 2005
Séance publique
du Parlement de la Communauté française -
Discussion sur la proposition de résolution relative à
l’éradication de la poliomyélite
M. le président. - L’ordre
du jour appelle la discussion de la proposition de résolution.
La discussion est ouverte.
Le rapporteur, M. Dubié, se réfère
à son rapport écrit.
La parole est à M. Miller.
M. Richard Miller (MR). - Permettez-moi deremercier les
membres de notre assemblée qui ont adopté en commission,
à l’unanimité, la présente proposition
de résolution. Je n’ai pas beaucoup d’éléments
à ajouter, ni à l’exposé des motifs
qui accompagnait le texte de la proposition, ni à l’excellent
rapport écrit de notre collègue, Josy Dubié.
Sur les effets dramatiques de cette maladie, sur les efforts considérables
qui ont été menés dans le monde entier, y
compris dans nos pays, pour l’éradiquer et sur les
excellents résultats obtenus dans les décennies
qui viennent de s’écouler, chacune et chacun s’accordera
sans difficulté.
J’ai déposé la présente proposition
car mon attention avait été attirée par un
rapport inquiétant de l’Organisation mondiale de
la santé reconnaissant que, contrairement aux attentes,
l’éradication complète de la poliomyélite
ne pourrait pas être atteinte en 2005 comme cela était
prévu, alors que les vagues de vaccination l’eussent
permis. L’OMS pointe quelques foyers d’infection et
de recrudescence liés au refus de vaccination pour des
motifs religieux. En l’occurrence, il s’agit d’un
refus de la part de fondamentalistes musulmans.
Dès lors, outre les objectifs précis proposés
dans la résolution, je voudrais insister sur certains points.
Quelles que soient les pathologies ou les causes épidémiologiques,
les démocrates, les humanistes, ne peuvent accepter que
des risques soient pris avec la santé publique, ni avec
la santé des personnes pour des raisons religieuses. Nous
ne pouvons accepter que les efforts publics en faveur de l’éradication
des maladies soit enrayés pour des raisons de conviction.
Je tiens à souligner que cette remarque s’adresse
évidemment à la condamnation formulée par
le pape Benoît XVI à l’encontre de l’usage
des préservatifs dans la lutte contre le sida dont le recul
constitue pourtant, je le rappelle, un des objectifs de développement
pour le Millénaire d’ici à 2015.
J’en viens à une deuxième remarque. En commission,
des questions ont été soulevées quant à
l’efficacité ou plutôt l’effectivité
des résolutions adoptées par notre assemblée.
La Communauté française est, il est vrai, de dimension
réduite et sa population ne pèse guère à
l’échelle mondiale.
Mais je voudrais apporter quatre réponses à cette
inquiétude.
La première réponse concerne le phénomène
de la mondialisation que l’on ne cesse d’évoquer
à tout propos. Celle-ci a pour conséquence qu’aucun
dossier ne demeure limité à une zone ou à
un territoire. Il n’y a donc pas de contradiction quand
notre Communauté se préoccupe de ce qui fait actuellement
l’objet de nos débats. D’autant plus -
et c’est la deuxième réponse - que les
compétences de notre Communauté concernent l’être
humain, en ce compris la santé des personnes et la prévention
des maladies.
Oserais-je paraphraser le principe célèbre : rien
de ce qui est humain n’est étranger à une
institution comme la nôtre, surtout pas la souffrance des
enfants à travers le monde ?
La troisième réponse est la suivante. Grâce
aux accords internationaux multilatéraux auxquels elle
participe, en ce compris la francophonie internationale, notre
Communauté peut faire savoir aux gouvernements concernés,
notamment celui du Nigeria, qu’ils ont raison d’affronter
les fondamentalismes religieux lorsqu’ils risquent de mettre
en cause la santé publique internationale.
J’en viens à la quatrième réponse.
Je crois qu’il serait bon, monsieur le président,
de réfléchir à une sorte de modus operandi
qui rendrait obligatoire l’information du parlement par
le gouvernement sur l’état de mise en oeuvre des
résolutions adoptées.
Nous en adoptons beaucoup. L’une d’entre elles, très
volontariste, vise à lutter contre les viols commis sur
des femmes africaines comme de véritables armes de guerre
et de destruction. Il serait intéressant de savoir ce qu’est
devenue cette résolution parlementaire, à qui, quand
et comment elle a été communiquée, si elle
a suscité des réponses et des réactions et
si elle a eu des effets. Je pense que ce serait un apport intéressant
pour le travail parlementaire et pour la démocratie représentative.
M. le président. - Je vous remercie,
monsieur le député. Je pense effectivement que votre
suggestion mérite d’être examinée dans
le cadre de la révision du règlement d’ordre
intérieur.
La parole est à Mme Derbaki Sbaï.
Mme Amina Derbaki Sbaï (PS). -
Avant d’intervenir sur le projet, je voudrais rassurer M.
Miller qui a parlé de la proposition de résolution
sur les violences sexuelles faites aux femmes. En tant que rapporteuse
de la commission politique de l’APF, j’ai soumis cette
proposition de résolution à la commission des Affaires
politiques, tout en espérant son suivi lors de nos travaux
du 4 au 9 juillet. J’espère évidemment que
M. Miller y participera.
M. Richard Miller (MR). - Je n’ai
évidemment pas douté du bon aboutissement de cette
proposition de résolution, mais nous sommes amenés
à voter de plus en plus de résolutions et je suis
heureux d’entendre ce que Mme Derbaki Sbaï nous a annoncé.
Il devrait en être de même pour toutes les résolutions
que nous adoptons, de façon que nous ayons un suivi. Peut-être
faut-il relancer quelque chose ? Je confirme en tout cas que je
participerai aux travaux de l’APF.
Mme Amina Derbaki Sbaï (PS). -
Vous ferez au moins une heureuse, monsieur Miller.
Le combat pour l’éradication de la poliomyélite
doit rester une priorité. Tels sont l’objectif de
la présente proposition de résolution et l’intention
de l’OMS. Le rapport de la 58e assemblée générale
de l’OMS du 7 avril 2005 nous démontre l’importance
que revêt ce combat au niveau mondial.
Les ministres de la Santé des six derniers pays endémiques
se sont réunis dans le but de mettre tout en oeuvre pour
interrompre les dernières chaînes de transmission
du poliovirus en intensifiant les campagnes de vaccination.
Comme je l’ai déjà indiqué en commission,
je reste sceptique quant à la réalisation technique
de cette résolution. En effet, alors que la réflexion
sur le recentrage de nos accords de coopération est nécessaire
pour éviter le saupoudrage, il me paraît difficile
d’imaginer une coopération avec l’Inde et le
Nigeria, tous deux pays anglophones.
Je tiens à vous rassurer : mon groupe soutiendra ce texte
pour le symbole qu’il représente et pour tout le
reste évidemment. Mais, encore une fois, je me dis qu’il
faudrait peut-être mener une réflexion sur l’opportunité
de telles résolutions.
M. le président. - La parole
est à M. Miller.
M. Richard Miller - Je ne voudrais pas
donner l’impression que ma proposition qui va, je l’espère,
être adoptée, propose un accord bilatéral
avec le Nigeria car tel n’est pas le cas. C’est la
raison pour laquelle j’ai précisé à
la tribune qu’à travers les accords multilatéraux
que la Communauté française a conclus, notamment
par le biais du gouvernement fédéral et de la francophonie
internationale, il est possible de porter ce dossier.
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