Mardi 24 juin 2008
Au Parlement wallon, en Commission de l'Économie, de l'Emploi, du Commerce extérieur, du Patrimoine et de la Formation : QUESTION ORALE DE M. MILLER À M. MARCOURT, MINISTRE DE L'ÉCONOMIE, DE L'EMPLOI, DU COMMERCE EXTÉRIEUR ET DU PATRIMOINE SUR " LES JOURNÉES DIPLOMATIQUES, LEUR THÉMATIQUE RÉGIONALE ET LA DÉSAPPROBATION DE MME LA MINISTRE SIMONET "
M.
Richard Miller (MR). - Les récentes Journées diplomatiques
organisées à Bruxelles par M. le Ministre des Affaires étrangères
avaient pour ambition de relancer l'apport qui doit être celui des diplomates
belges en matière économique.
Comme
il s' agissait de diplomatie, j'ai interrogé votre Collègue Mme
la Ministre Simonet à ce sujet.
La réponse de celle-ci traduit une certaine aigreur par rapport à l'initiative de M. de Gucht, et partant une désapprobation implicite à l'égard des ministres régionaux des affaires économiques, dont vous-même, qui ont participé à ces Journées et approuvé la voie tracée par le Ministre des Affaires étrengères.
Mme la Ministre, dans sa réponse commence par ironiser : " Utiliser le réseau diplomatique pour promouvoir nos intérêts notamment économiques : formidable, personne n'y avait jamais pensé auparavant ! "
Elle regrette ensuite que ni ses services. ni elle-même n'aient été " de quelque façon que ce soit, associés aux Journées diplomatiques fédérales ", Enfin, après m'avoir invité à vous interroger à ce sujet, elle conclut en déclarant que telle n'est pas sa conception de la loyauté fédérale et qu'elle invitera les diplomates fédéraux " Du moins ceux qui seront présents en Belgique à ce moment-là, puisque les modifications introduites au niveau fédéral ont pour effet qu'il n'y a plus de coïncidence de dates ".
Quoi qu'il en soit, vos Collègues ayant en charge les compétences économiques régionales pour la Flandre et pour Bruxelles, ainsi que vous-même avez applaudi à l'initiative ainsi qu'au projet diplomatico-économique de M. de Gucht.
Pourtant, le premier enseignement qu'il faille tirer du discours du Ministre des Affaires étrangères, n'est pas à l'honneur des politiques développées en la matière par les entités fédérées, depuis la régionalisation de la compétence, le retum économique pour notre pays, en matière de contrats, d'investissements et d'exportations est en régression. En 2007, si les investissements américains ont augmenté de 8 % chez nous, ils enregistrent une augmentation de 14 % dans 15 pays européens ; 63 dossiers d'investissements importants nous auraient échappé au profit du Royaume Uni ou de l'Allemagne ...
S'il n'évoque plus la refêdéralisation du commerce extérieur, il est clair que le Ministre des Affaires étrangères pense qu'il revient au corps diplomatique fédéral de redresser la barre.
Quelle est votre opinion à cet égard ? Comment avez-vous pu approuver une telle vision qui, clairement, est pas celle de votre Collègue Mme Simonet ?
M.
Jean-Claude Marcourt, Ministre de l'Économie, de l'Emploi, du
Commerce extérieur et du Patrimoine. - Pourquoi avons-nous été
présents, nous, les Ministres des Affaires extérieures régionaux,
à ces journées diplomatiques ? Parce que nous avons été
invités par le Ministre fédérale des Affaires étrangères.
Avons-nous été les seuls à avoir été invités
? Non, les Ministres-Présidents des trois Régions l'étaient
aussi et se sont chacun exprimés.
Lorsque le Ministre de Gucht nous a invité à une réunion
préparatoire, nous avons pris connaissance d'un document du Tijdt dans
lequel la coopération entre Régions a été mise à
mal.
J'ai indiqué qu'en février 2005, les trois Ministres régionaux
du Commerce extérieur avaient négocié et déterminé
105 points de contacts à travers le monde. Les missions AWEx sont également
ouvertes aux entreprises des trois Régions.
Nous avons donc, en tant que Ministres régionaux du Commerce extérieur,
indiqué la philosophie dans laquelle nous acceptions d'aller plancher
devant les diplomates.
Nous nous sommes inscrits en faux sur les commentaires du Ministre fédéral
qui les a, par ailleurs, pour la plupart, retirées devant nous.
Certes, nous pouvons toujours améliorer certains points et travaillers
sur certains endroits. Plutôt que de laisser l'exclusivité de la
parole au Ministre fédéral des Affaires, il me paraît bon
que les Ministres-Présidents régionaux s'expriment sur certains
sujets.
Il faut également tenir compte du fait qu'Internet a fortement modifié
la manière de travailler des diplomates. Quel est aujourd'hui le rôle
de la diplomatie belge à l'étranger ? La question mérite
d'être posée.
Les AEC et les diplomates peuvent toujours diversifier quelque peu leur manière
d'oeuvrer, améliorer les contacts formels et informels, travailler sur
les convergences et coordination d'efforts.
Ils ont évidemment un rôle essentiel dans les rapports qu'entretient
la Région wallonne avec l'étranger notamment au niveau de la politique
insulaire que ce soit pour la délivrance de visas ou pour la levée
de moratoires sanitaires.
Il est primordial de faire en sorte que nous puissions travailler ensemble.
Je voudrais donc remercier les diplomates qui, par leur travail, ont favorisé
la venue d'investisseurs chez nous. Je voudrais réaffirmer de manière
très claire que la régionalisation de cette compétence
a été très bénéfique pour nos entreprises.
La Région wallonne dispose de l'un des réseaux les plus denses
au monde et nous devons veiller à aller vers toujours plus de collaboration
en la matière. Je demande donc au Fédéral de permettre
à ces personnes de pouvoir exercer au mieux leur fonction.
M.
Richard Miller (MR). - Je remercie M. le Ministre pour le contenu de
sa réponse, c'est ce que j'espérais entendre. Effectivement, affirmer
l'importance du réseau wallon est très significatif. Mettre en
avant l'aspect positif de nos politiques wallonnes est fondamental. Le contenu
de votre réponse m'a donc permis d'apaiser certaines craintes dont les
origines se trouvaient aussi bien dans des articles de presse, dans la réponse
de la Ministre Simonet ou encore dans les déclarations du Ministre de
Gucht.
Toujours par rapport à la réponse du Ministre Simonet, je pense
qu'un peu plus de concertation au sein du Gouvernement wallon serait la bienvenue.