Jeudi 25 septembre 2008
Question de M. Richard Miller à Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture et de l'Audiovisuel, relative à la " présence de Jean-Marie Dedecker au parlement wallon à l'invitation de la RTBF "
Richard Miller - Je voudrais exprimer le malaise ressenti lors de la rentrée du parlement wallon, hier après-midi. Ce parlement est une assemblée importante, aussi parce que les 75 membres qui la composent siègent également au parlement de la Communauté française.
Or, hier, alors que le président du parlement wallon exposait sa vision de la Wallonie et que le gouvernement et l'opposition démocratique débattaient du plan " Marshall " et des avancées pour le redéploiement de l'économie wallonne, l'attention s'est tournée vers un invité, arrivé en " vedette américaine ". Je doute fort que M. Dedecker soit venu constater la façon dont tous les membres des partis démocratiques travaillent ensemble pour cette Wallonie à laquelle ils tiennent.
Invité par la RTBF, il a été filmé avec le parlement wallon en arrière-plan et a pu dire avec une certaine satisfaction que 90 % des députés wallons lui étaient inconnus.
Je ne suis pas certain que nous attendions cela de la RTBF le jour de la rentrée de l'assemblée wallonne, surtout dans les circonstances actuelles et compte tenu de l'importance des débats en cours.
M. Dedecker est un populiste flamingant qui recrute son électorat sur le dos des Wallons, en essayant de dresser la population flamande contre eux. C'est pourtant cet homme que la RTBF a choisi d'inviter !
Madame la ministre, je voudrais savoir si ce reportage correspond aux missions de service public de la RTBF.
Mme
Fadila Laanan, ministre de la Culture et de l'Audiovisuel. - Monsieur
Miller, je vous rejoins sur votre définition de M. Dedecker. Cependant,
vous savez que je ne m'immisce pas dans la ligne éditoriale ou rédactionnelle
ni dans la grille des programmes de la RTBF. Je me suis régulièrement
exprimée à ce sujet, souvent en réponse à vos questions.
Comme vous, j'ai découvert hier, lors du journal télévisé,
les images de M. Dedecker assis dans la tribune de presse. J'ai bien sûr
interrogé la RTF pour connaître les rétroactes.
L'émission " Questions à la une " a souhaité
faire une enquête sur la volonté de M. Dedecker de constituer des
listes électorales francophones, plus particulièrement en Wallonie.
L'équipe de télévision a jugé opportun de suivre
M. Dedecker en Wallonie, entre autres au parlement wallon. Des questions lui
ont été posées sur sa connaissance des mandataires wallons
et du fonctionnement politique de la Wallonie. Les journalistes ont même
sollicité des politiciens wallons pour participer à un débat
avec M. Dedecker. MM. Demotte, Van Cauwenberghe, Antoine, Cheron et Kubla ont
accepté l'invitation.
Je n'apprécie pas particulièrement les propos de M. Dedecker.
On peut s'interroger sur la place que les opérateurs, publics ou privés,
peuvent accorder à certaines personnalités pas toujours fréquentables.
Il semble que M. Dedecker passe beaucoup de temps à des débats,
souvent le dimanche, sur certaines chaînes privées francophones.
Une réflexion doit être menée car en donnant à de
telles personnalités la possibilité de s'exprimer, on leur offre
des facilités pour se faire connaître des citoyens. Monsieur Miller,
si cette diffusion vous pose problème, je vous rappelle que vous avez
des possibilités de recours. Le CSA pourrait prendre position dans ce
dossier. Je ne pense toutefois pas qu'il y ait infraction.
Richard Miller - Madame la ministre, je ne doutais pas un seul instant que vous soyez du même avis que moi sur la personnalité et le discours de M. Dedecker. C'est probablement aussi le cas de la plupart des membres de notre assemblée.
Même si la RTBF n'est pas en infraction par rapport à la règle, j'estime qu'inviter M. Dedecker le jour de la rentrée du parlement wallon était très maladroit, surtout dans le contexte politique actuel.
Par ailleurs, je n'ai aucun jugement à porter sur le fait que des ministres ou des parlementaires wallons acceptent de débattre avec M. Dedecker dans un autre cadre.
M. le président. - Effectivement, je tiens à vous assurer que nous veillerons à ce que cela ne puisse pas se produire dans ce parlement.