Actualité :
Parlement de la Communauté française,
séance publique, le 25 janvier 2005
Question d'actualité adressée
à Mme la Ministre de la Culture sur "les propos négatifs
du Ministre-Président de la Région wallonne à
l'égard de la politique culturelle de la Communauté
française", par Richard Miller.
Richard Miller - Monsieur le
président, j’aimerais que ma question puisse être
considérée comme anodine mais, sincèrement,
je pense qu’elle ne l’est pas. C’est la raison
pour laquelle j’ai décidé d’attirer
l’attention de Mme la ministre sur certains propos que je
juge inacceptables de la part du ministre-président du
gouvernement wallon à l’égard de notre Communauté
française et de ses compétences.
Je lui ai adressé une question orale
tout à fait normale qui portait sur un arrêté
du gouvernement wallon étendant les missions de la commission
des Arts de Wallonie. Je voulais savoir ce que l’on entendait
par extension de ces missions. Je voulais également obtenir
une explication sur le fait que, désormais, le ministre-président
du gouvernement wallon peut présider cette commission des
Arts de Wallonie, ainsi qu’une explication sur un extrait
de cet arrêté précisant que dorénavant,
tout l’art contemporain en Wallonie est concerné.
Je lui adressais cette question en lui précisant
même qu’il ne fallait pas préjuger de ma position.
Le ministre-président s’est emporté.
Il a tenu à l’égard de la Communauté
des propos inacceptables qui n’ont pas été
repris dans le compte rendu analytique. Je serai particulièrement
attentif au fait qu’ils soient repris dans le compte rendu
intégral des travaux du parlement wallon.
Le ministre-président a purement et
simplement déclaré que si les Wallons attendaient
la Communauté française, rien n’aurait été
fait dans les bâtiments de la Région wallonne. Il
a ajouté que, heureusement, il y avait Wallimage pour le
cinéma. Il a également considéré que
la Communauté française ne faisait pas son travail.
M. Marcel Cheron (ECOLO). -
M. Di Rupo est à Porto Alegre !
Richard Miller - M. Cheron
m’ôte les mots de la bouche, mais je vais les marteler
puisque c’est moi qui suis devant le micro.
Les propos de M. Van Cauwenberghe viennent
à un moment particulièrement mal approprié.
Ce n’est pas au moment où des
représentants politique du nord du pays mènent une
opération vraiment offensive à l’égard
de nos institutions que les francophones de Wallonie et de la
Communauté Wallonie-Bruxelles, et donc de Bruxelles, doivent
se séparer. Si M. Van Cauwenberghe a des comptes à
régler à l’intérieur de sa famille
politique, qu’il ne mette pas en cause la Communauté
française pour ce faire !
Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture,
de l’Audiovisuel et de la Jeunesse. - Monsieur
le président, je constate qu’il y a de l’ambiance
au parlement wallon ! Je tenterai de tenir des propos un peu moins
virils que ceux qui y ont été exprimés.
Certes, je n’ai pas pris connaissance du compte rendu intégral,
mais j’ai lu le compte rendu analytique.
Je pense vraiment qu’aucun problème ne se pose. L’échange
que vous avez eu, monsieur Miller, avec mon collègue Van
Cauwenberghe concernait la commission des Arts et l’intégration
d’œuvres d’art dans les bâtiments de la
Région wallonne. Pour ma part, je considère que
tous les pouvoirs publics ont intérêt à contribuer
à rendre notre culture la plus rayonnante possible, au
profit tant des Wallons que des Bruxellois.
Je voulais également rappeler l’existence effective
de dossiers sur lesquels nous travaillons en synergie avec la
Région wallonne, notamment le dossier Wallimages, qui touche
à l’économie et au cinéma. Le secteur
du cinéma entre dans mes attributions et nous avons tout
intérêt à travailler de concert afin que notre
cinéma, qui a une réputation internationale extraordinaire,
bénéficie aux francophones. Une autre compétence
très importante, qui touche aussi aux politiques culturelles
et qui est gérée avec mon collègue Benoît
Lutgen, est celle du tourisme. En matière culturelle, il
y a aussi les festivals et les musées. Les programmes de
festivals sont importants et sont des apports appréciables
aux politiques de tourisme en Wallonie.
Tous les pouvoirs concernés par la culture, que ce soit
le gouvernement fédéral, la Cocof ou les autorités
locales, ont intérêt à participer au projet
commun du patrimoine culturel de la Communauté française.
Je ne vois nulle raison de polémiquer à ce sujet.
Toutefois, je vous rappelle que la culture est une compétence
de la Communauté française, qu’elle concerne
tous les Wallons et tous les Bruxellois et que je serai intransigeante
quant à notre rôle dans ce domaine. Pour le reste,
je considère que c’est un non-événement.
Richard Miller
- Je prends bonne note de votre réponse, madame
la ministre. Je n’en attendais pas moins de vous. Vous avez
répété l’importance de synergies, de
collaborations entre les francophones de la Communauté
Wallonie-Bruxelles. Vous avez affirmé votre volonté
de défendre les missions qui sont celles de cette institution.
Je répète,
monsieur le président, que cela ne semblait pas être
l’avis du ministre-président du gouvernement wallon.
Je relayerai donc la réponse de madame Laanan.
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