Mardi 27 octobre 2009
Au Parlement de la Communauté française, en Commission de la Culture, de l'Audiovisuel, de l'Aide à la presse, du Cinéma, de la Santé et de l'Egalité des chances, question orale au ministre Mme Fadila Laanan, Ministre de la Culture, de l'Audiovisuel, de la Santé et de l'Egalité des chances relative au "Secteur de la distribution indépendante", de M. Richard Miller
Richard
Miller - Le numéro de Focus Vif du 16 octobre dernier a publié
un dossier, fort bien documenté, signé par Louis Danvers et
intitulé " Tempête sur la distribution ".
Le moins que l'on puisse dire est que le métier de distributeur indépendant en Communauté française n'est pas un métier facile. Le public belge ne se rue pas dans les salles pour y voir des films belges. . . En outre, le rythme de rotation des films à l'affiche s'est accéléré, avec l'avalanche de nouvelles productions sur le marché. S'ajoute à cela la réduction du nombre de salles, par exemple à Louvain-la-Neuve.
Dans d'autres
villes, ce sont plutôt les petites salles qui souffrent.
On constate
également que des producteurs investissent dans la distribution pour
diffuser leurs propres films. Cette situation s'explique probablement par
les difficultés rencontrées par le secteur de la distribution,
lequel hésite de plus en plus à mettre des films belges à
l'affiche. Le distributeur du merveilleux film de Bouli Lanners a même
déclaré que jamais plus il ne mettrait de film belge à
son catalogue. . .
Comment
analysez-vous la situation ? Quelles sont les aides apportées par la
Communauté française ou par d'autres pouvoirs publics ? Je prendrai
l'exemple de Mons, où la diffusion de films d'art et d'essai n'est
soumise à aucune taxation communale.
Enfin,
un élément particulier a retenu mon attention dans le dossier
cité : Pierre Lekeux y évoque la distribution des films numérisés
et déclare que la subvention à la diffusion n'est valableque
si le film est diffusé en 35 mm.
Qu'en est-il ? N'est-il pas souhaitable de modifier cette disposition, compte tenu que la diffusion des films sera de plus en plus numérisée ?
Mme
Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l'Audiovisuel, de la Santé
et de l'Égalité des chances. - Je vous remercie pour votre question
relative au secteur de la distribution indépendante.
Avant toute chose, je souhaiterais clarifier vos propos concernant le métier
de distributeur indépendant.
Vous soulignez le manque d'entrain du public belge à l'égard
des films nationaux. Cette situation est réelle. Le Centre du cinéma
et de l'audiovisuel étudie actuellement une série de mesures
concrètes afin que le public belge se réapproprie son cinéma.
Je tiens toutefois à préciser qu'un distributeur indépendant
n'a pas que des films belges dans son catalogue. En effet, le qualificatif
de " distributeur indépendant " n'est pas défini par
la nationalité des films qu'il propose. Quoi qu'il en soit, ce métier
est complexe vu la configuration du marché du cinéma en Belgique.
La concurrence avec les majors américains est rude.
Pour soutenir ce secteur, la Communauté française intervient
de plusieurs manières. Depuis 2001, à l'initiative d'un de mes
excellents prédécesseurs - un certain Miller -, un budget de
plus de 140 000 euros est réservé à des subsides de fonctionnement
des principaux distributeurs de films d'art et d'essai. Le principe est d'octroyer
une aide en fonction des résultats enregistrés l'année
précédente.
Parallèlement à ces subsides de fonctionnement, le Centre du
cinéma et de l'audiovisuel soutient la diffusion des films belges francophones.
Tout distributeur proposant une telle oeuvre en salle en Belgique peut obtenir
un soutien financier pouvant s'élever à environ 20 000 euros
pour assurersa promotion et sa diffusion. Sachant que le budget moyen de sortie
d'un film d'art et d'essai en Belgique est de 35 000 euros, le montant decette
aide est un véritable encouragement et uneréduction du risque
pris par le distributeur.
De manière indirecte, la Communauté française soutient
également les distributeurs par le moyen de l'aide financière
apportée aux sallesd'art et d'essai. Ces dernières années,
son montant n'a cessé d'augmenter pour permettre aux salles de garantir
au minimum 70 % de leurs séances aux films qui sont qualifiés
d'art et d'essai.
Monsieur Miller, la Communauté française n'est pas compétente
en matière de fiscalité communale.
Cependant, au cours des discussions de la plate-forme cinéma, pilotée
par le Centre du cinéma et de l'audiovisuel, la quasi totalité
desexploitants de salles d'art et d'essai nous ontconfirmé qu'ils bénéficiaient
d'une exonération dela taxe ou d'un subside permettant de compensercet
impôt.
Il est indéniable que de plus en plus de filmssont diffusés
de manière numérique. Je suis très attentiveà
toutes les avancées technologiques dansce domaine afin de permettre
à la Communautéfrançaise d'évoluer avec son temps.
C'est pourquoi,outre les films en 35 mm et en 16mm, ceuxqui sont réalisés
en numérique, que se soit selonles normes JPEG2000, SMPTE 2048x1080
ou supérieures, peuvent bénéficier des subventions à
la diffusion. Il suffit que la qualité de l'image et duson soit suffisante
pour présenter des oeuvres de qualité aux spectateurs.
Le numérique n'est pas donc pas exclu des aides à la diffusion.
Pour l'obtenir, le support utilisé n'a pas d'importance. Le critère
d'éligibilité estle nombre de diffusions lors de la sortie du
film.
Richard
Miller - Je remercie la ministre de sa réponse que je trouve excellente
sur certains points