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Jeudi 28 février 2008, au Parlement de la Communauté française, en Commission de la Culture, de la Jeunesse, de l'Audiovisuel, de l'Aide à la Presse et du Cinéma

Question de M. Richard Miller à Mme Fadila Laanan, ministre de la Culture et de l'Audiovisuel, relative aux " déclarations de Georges Huercano à propos du fonctionnement de la RTBF "

Richard Miller - Dans le supplément ZAP du quotidien Le Soir, couvrant la semaine télévisuelle du 16 au 22 février, M. Georges Huercano commente son passage de la chaîne publique RTBF à la chaîne privée RTL. Que ces propos soient tenus dans le cadre de décisions d'ordre professionnel et de plan de carrière personnels, personne n'en disconviendra. Qu'en outre, la RTBF dispose d'une autonomie de gestion est aussi un élément bien connu des membres du parlement.

 

Toutefois, dans l'entretien auquel je me réfère, un passage doit, me semble-t-il, retenir notre attention, compte tenu de notre responsabilité de contrôle. M. Huercano dit : " Lancer un projet à la RTBF est lourd, très lourd. Cette machine peut briser quelque chose sans la moindre explication claire. Quels sont les critères que l'on attend d'une émission à la RTBF ?

 

La qualité ? L'audience ? L'image et la légitimité qu'elle donne ? Je pensais naïvement que si ces trois critères étaient réunis, une émission pouvait assurer sa pérennité. " Au nom de la loi ", " C'est la vie " " C'est la vie en immersion " les réunissaient et cela n'a pas suffi à les maintenir à l'antenne. Charleroi aurait pu devenir une fantastique école de magazines documentaires et l'on a tout cassé en remettant ces gens sur des reportages de trois minutes ".

 

Sans porter de jugement sur les choix posés par M. Huercano, il n'empêche que ces propos sont ceux d'un professionnel de la télévision et qu'ils démontrent la nécessité d'ouvrir le débat sur le type d'émissions de service public que le pouvoir subsidiant qu'est la Communauté française est en droit d'exiger de la RTBF. D'autant que le journaliste M. Jean-François Lauwens, dans les mêmes pages, souligne les tensions qui existaient à propos du traitement de l'information judiciaire entre les équipes mêmes de la RTBF, et ne dissimule pas les difficultés, je cite, " ce ne sera pas simple sur le plan des ressources " qui attendent la nouvelle émission " En quête de vérité ".

 

Madame la ministre, quel est votre avis sur la question ?

 

Mme Fadila Laanan, mnistre de la Culture et de l'Audiovisuel - Monsieur Miller, vous me faites remarquer que l'autonomie de gestion de la RTBF est connue des membres du parlement et, dans la seconde qui suit, vous me posez une question qui semble démontrer le contraire.
Les propos et considérations de M. Huercano lui appartiennent et relèvent de sa responsabilité individuelle. Le départ de la RTBF de ce journaliste emblématique a été fortement médiatisé. Nous connaissons tous le contexte extrêmement tendu dans lequel ses déclarations ont été faites. Restons sérieux. Il n'appartient ni à cette honorable assemblée ni à la ministre de tutelle de jouer les arbitres dans un conflit entre la direction de la RTBF et l'un de ses anciens journalistes.
En outre, vous évoquez des tensions internes dans les rédactions de la RTBF. À mon sens, dans toute entreprise ou organisation de cette taille, où les rapports humains sont complexes et les points de vue divergents, des tensions peuvent apparaître à tout moment.
Votre profond intérêt pour la philosophie m'évitera de vous rappeler l'intérêt de la dialectique. Si des tensions devaient poser un réel problème, il reviendrait à la hiérarchie de la RTBF de le traiter en interne avec les interlocuteurs concernés, rédaction, société des journalistes, car c'est en premier lieu la gestion des ressources humaines dans l'entreprise qui serait en question.
Depuis mon entrée en fonction, les débats, questions et interpellations sur ce thème sont incessants. J'y réponds toujours de manière circonstanciée. En 2006, nous avons mené de longues discussions sur le nouveau contrat de gestion de la RTBF. Il ne vous donne pas satisfaction, soit. Pourtant, les missions de service public de la RTBF n'ont jamais été si bien définies.
Lorsque l'administrateur général de la RTBF vient expliquer en commission comment la RTBF assume et assumera dans un avenir proche ses missions de service public, vous semblez moins douter de la qualité du travail fourni par ses équipes que lorsque vous vous adressez à la ministre de tutelle. La RTBF traite toute l'information, notamment judiciaire, elle reste maîtresse de la façon dont elle le fait. Une nouvelle émission spécifique d'information judiciaire verra bientôt le jour. Je vous invite à la juger sur pièce.
J'ai confiance en la capacité des équipes de la RTBF à proposer des émissions intelligentes et attrayantes, notamment dans le domaine sensible de l'information judiciaire.

 

M. Richard Miller (MR). - Madame la ministre, je me doutais que vous alliez considérer cet épisode comme ponctuel, interne et relevant des ressources humaines de la RTBF. Je ne vous demande pas d'intervenir. J'ai d'ailleurs rappelé l'autonomie de gestion de cette institution, ajoutant que cette affaire relevait d'un choix de carrière personnel. Mais ce journaliste professionnel a porté un jugement, en mettant en cause l'organisation des émissions à la RTBF, ce qui méritait une autre réponse de votre part. Il relève de la responsabilité du pouvoir subsidiant de la Communauté française de juger si les émissions répondent aux missions de service public de la RTBF.
Votre réponse me déçoit quelque peu. Vous avez rappelé que j'avais été moins acerbe lorsque M. Philippot était venu présenter son bilan. Mais son exposé portait sur le contrat de gestion précédent qui, à mon avis, avait donné de très bons résultats. Je suis beaucoup plus réservé sur la façon dont les missions de service public de la RTBF seront menées au terme de la première année du nouveau contrat de gestion.

 

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