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Actualité :
Communauté française -
Séance publique du 24 mai 2005
Intervention de Richard Miller au cours des
interpellations jointes de M. Léon Walry à Mme Marie
Arena, ministre-présidente chargée de l’Enseignement
obligatoire et de Promotion sociale, concernant les « implications
sur les matières communautaires du rapport final de la
Commission du dialogue interculturel » et de Mme Françoise
Schepmans à Mme Marie Arena, ministre-présidente
chargée de l’Enseignement obligatoire et de Promotion
sociale, ayant pour objet le « suivi du rapport final de
la Commission du dialogue interculturel »
Richard Miller -
Madame la ministre-présidente, mon intervention sera brève
et concernera un point précis, celui des aspects pédagogiques
de l’interculturalité à l’école.
Mme Schepmans vient d’y faire allusion.
Ce matin, au cours du débat sur le
décret relatif à la création d’un Conseil
consultatif des cours dits philosophiques, voté à
l’unanimité par notre assemblée, j’ai
rappelé succinctement que ce Conseil, malgré toute
l’importance de ses missions, pourra remettre un avis sur
l’introduction d’une initiation à la philosophie,
dans le cadre desdits cours philosophiques. J’ai pu rappeler
également le texte de la proposition de décret dont
je suis l’auteur, visant l’introduction, en dehors
des cours dits philosophiques, d’un enseignement de philosophie
et d’histoire des religions dans le troisième cycle
de l’enseignement secondaire. Les très nombreux travaux
menés au sein et à l’initiative de notre assemblée,
ont révélé une certaine unanimité
des représentants des partis démocratiques pour
développer pareil enseignement critique, pluraliste et
interculturel.
Les réticences sont davantage d’ordre
budgétaire ou organisationnel. C’est la raison pour
laquelle j’avais demandé en commission que plusieurs
avis soient sollicités, dont celui de la Commission du
dialogue interculturel. Cette commission a terminé ses
travaux avant d’être saisie de la question. Le professeur
Sojcher, participant à cette commission, m’a transmis
les extraits du rapport final où sont évoqués
les aspects pédagogiques de l’interculturalité
à l’école.
Je pointerai simplement les passages qui concernent
directement ma proposition. « Le modèle qui a prévalu
jusqu’ici, celui de la simple assimilation aux standards
culturels dominants, doit être abandonné au profit
d’un modèle d’enseignement qui soit résolument
ouvert à la diversité culturelle ». Nous pouvons,
je crois, tous partager cette recommandation. « La diversité
ne peut se développer que dans une dynamique d’émancipation
et d’esprit critique qui est le moteur de l’enseignement.
»
La remarque suivante va tout à fait
dans le sens de la proposition de créer un cours de philosophie
et d’histoire culturelle des religions, dont je continue
à défendre la pertinence et la nécessité
: « Les préoccupations fondamentales pour le civisme
requis dans une société interculturelle ne sont
pas encore assez rencontrées par les programmes actuels
des cours dans l’enseignement secondaire. L’initiation
aux premiers outils du raisonnement philosophique, l’acquisition
d’une culture rigoureuse, plurielle et critique dans le
domaine des traditions religieuses et laïques, etc. »
Voilà pour l’esprit de la proposition.
Quant à l’aspect organisationnel, il m’a semblé
de bon aloi de proposer la création d’une heure de
cours supplémentaire. Une autre piste est ici évoquée.
Elle consiste à réduire de moitié
le volume de deux heures actuellement réservé au
cours de religion ou de morale pendant les deux dernières
années de l’enseignement secondaire. « Un cours
de philosophie d’une heure par semaine pourrait être
instauré de la sorte sans gonfler la grille horaire actuelle.
Ce cours n’aurait pas pour objet d’exposer l’histoire
de la philosophie, etc. » J’aimerais connaître
la position de Mme la ministre-présidente sur ce point.
Quelle que soit la façon dont on lit ce rapport, on ne
peut qu’être sensible aux recommandations visant à
susciter la réflexion philosophique et à donner
aux élèves, toutes confessions confondues, les éléments
nécessaires à la connaissance de l’histoire
des religions. M. Walry rappelait à l’instant les
propos de M. Dupont sur la nécessité de donner une
suite réelle à ce travail et d’éviter
que les recommandations ne demeurent lettre morte. Madame la ministre-présidente,
je compte beaucoup sur l’attention que vous porterez à
ce rapport et sur votre volonté de le concrétiser.
Mes propos sont ceux d’un parlementaire de l’opposition,
mais d’un parlementaire persuadé que si votre gouvernement
prenait des dispositions en faveur de l’introduction d’un
tel cours, il poserait un acte politique, voire historique, au
regard de l’organisation de notre enseignement. Il poserait
un acte majeur en faveur de la multiculturalité dans notre
société.
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