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Actualité :
Mardi 30 janvier 2007
Au Parlement wallon, en commission des Affaires générales,
de la Simplification administrative, des Fonds européens,
du Règlement et de la Comptabilité :
QUESTION ORALE DE M. MILLER À M. DI RUPO,
MINISTRE-PRÉSIDENT
DU GOUVERNEMENTWALLON, SUR "LES RAPPORTS NÉERLANDAIS
EN MATIÈRE D'EXPORTATION D'ARMES"
Richard Miller - Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre-Président, Nous avons modifié
la licence d'exploitation d'armes lors des travaux précédents
de notre Commission en charge du contrôle de cette licence.
Nous avons évoqué en fin de réunion, les problèmes
de la confidentialité des informations et des éléments
de réponse apportés par M. le Ministre-Président.
Vous n'êtes pas sans savoir que nous sommes
tous tenus, y compris les collaborateurs, au respect de la confidentialité.
Je peux en parler en étant tout à fait à l'aise
car j'ai, à l'époque, initié la façon
de travailler de notre Commission.
Après quelques recherches sur Internet,
nous avons pu nous procurer des informations très précises
relatives aux transferts d'armements qui ont été transités
par les Pays-Bas lors de l'année 2005 et qui avaient la Belgique
comme pays d'origine.
Je me permets d'attirer votre attention sur
le fait que ces données n'ont rien de confidentiel et qu'elles
sont disponibles directement sur Internet, sur le site du Ministère
des affaires économiques des Pays-Bas.
Elles sont donc consultables par chaque citoyen.
Le site permet de consulter tous les rapports
mensuels et relatifs aux transits enregistrés par le Ministère
néerlandais.
Monsieur le Ministre-Président est-il
au courant de cette situation? Quel est son point de vue sur cet
état des choses?
Vu le règlement de notre Parlement, les
informations analysées dans le cadre de la sous-commission
sur les licences d'armes sont confidentielles. Il semble tout de
même étonnant de découvrir que le site néerlandais
fournit des informations considérées comme confidentielles
par la Région wallonne.
Il est intéressant de remarquer que ces
données sont bien plus détaillées que celles
publiées par le Gouvernement wallon dans son rapport annuel.
De plus, bien qu'elles ne puissent pas prétendre
couvrir la totalité des exportations réalisées
depuis la Belgique (toutes ne transitent probablement pas par les
Pays-Bas) et qu'elles ne fassent pas de distinction entre les produits
venant des différentes régions du pays (ce qu'il est
possible de déduire, parfois, sur base de la localisation
unique de la fabrication de certains types de produits), ces données
remettent certainement en question l'efficacité de l'approche
adoptée par les autorités wallonnes.
Quelle est l'analyse de Monsieur le Ministre-Président
sur ce point?
M. Di Rupo, Ministre-Président
du Gouvernement wallon. - Monsieur le Président, Chers Collègues,
il s'agit de deux législations différentes et celle
qui nous concerne n'est pas une législation régionale,
on parlerait plutôt d'une législation nationale datant
de 2003.
Chez nous, les parlementaires disposent, dans ce secteur, d'une
information sans limites et la plus détaillée possible.
Il suffit, en effet, que des questions soient posées au Gouvernement
et nous y répondons.
Si quelque chose doit donc être modifié, cela se fera
par le biais d'une initiative parlementaire nationale. Ne nous lançons
par ailleurs pas dans un débat interne, complexe et compliqué,
et dans lequel nous avons avancé non sans de grandes difficultés.
Notre souci vis-à-vis de cette législation de 2003
est de donner au Parlement les moyens de contrôle les plus
rigoureux possibles sur l'octroi de licences. Vous savez que les
licences accordées ou refusées pour les marchandises
relèvent de la loi, avec pays par pays, le , le nombre de
licences par catégorie, etc.
Celles-ci font l'objet de deux rapports semestriels, que nous déposons
régulièrement. En ce qui concerne la nécessité
de ne pas révéler des informations préjudiciables
aux entreprises, je vous renvoie à l'article 17 de la loi
qui dit qu'il sera veillé à ce qu'aucune information
préjudiciable ne soit communiquée. C'est dans le droit
fédéral. Maintenant, en quoi notre système
serait-il plus mauvais que le système néerlandais?
Richard Miller - Je remercie M. le Ministre-Président,
pour sa réponse même si elle me laisse quelque peu
sur ma faim. Il n'est évidemment pas dans mes intentions
de sous-estimer l'implication wallonne dans le secteur ou de mettre
en danger nos entreprises. Néanmoins, je suis soucieux du
respect de la loi et un transfert de compétences a eu lieu
dans ce domaine. Je suis donc étonné de constater
que certains détiennent des informations précises
et mensuelles sur des sujets de nature confidentielle. La chose
mérite en tout cas une réflexion sérieuse.
M. Van Cauwenberghe - L'octroi
des licences d'armes a toujours, à l'inverse des autres pays,
été le sujet de polémiques communautaires.
Il n'y a pas de polémiques de ce type dans les autres pays
européens.
Quand la compétence était nationale, on avait des
conflits de Communauté à Communauté et d'un
égoïsme sans précédent, les Flamands contestant
les licences octroyées du côté wallon par un
Ministre national fédéral, et M. Louis Michel en a
eu longtemps la compétence.
Au niveau fédéral et régional, nous avons décidé
qu'il valait mieux finalement transférer la compétence
aux Régions, tellement elle devenait ingérable au
niveau national et les Ministres nationaux étaient les premiers
à demander le transfert de la compétence pour être
tranquilles. Néanmoins, je suis soucieux du respect de la
loi et un transfert de compétences a eu lieu dans ce domaine.
Nous appliquons mutatis mutandis au Parlement wallon, ce qui se
faisait au Parlement fédéral dans les mêmes
conditions, nous appliquons la réglementation nationale et
tous les règlements de la législation européenne,
parce qu'il n'y a pas que le droit national qui soit la référence.
Ce faisant, je pense que le système fonctionne bien et le
mieux est l'ennemi du bien.
Enfin, ce n'est pas parce que les Hollandais diffusent tous azimuts
ce type d'informations que nous devons en faire autant. Un pays
n'est pas l'autre et certains éléments qui ne posent
pas de problème au Pays-Bas peuvent en poser chez nous.
Je suis heureux de la réponse du Ministre-Président
et j'inviterais, le cas échéant, à élargir
la comparaison à d'autres pays.
Par ailleurs, lorsque je vois que c'est la Chine qui a fourni l'usine
en Tanzanie, je ne peux m'empêcher de penser que le résultat
obtenu par certains "humanistes " a été
de diminuer la capacité de contrôle.
M. Di Rupo, Ministre-Président
du Gouvernement wallon. - Juste un mot. M. Van Cauwenberghe exprime
un sentiment fort juste. Il a l'avantage de pouvoir le faire. Je
pense qu'il faut qu'on y réfléchisse, parce que ce
qu'il a dit, c'est une réalité que nous vivons tous
les jours et qu'on a, à mon avis, bien intégrée
dans l'intérêt des Wallons.
Je voudrais juste réaffirmer que:
- la procédure actuelle est identiquement la même que
celle utilisée par M. Louis Michel lorsqu'il était
responsable fédéral de cette matière;
- il faut faire attention à ne pas tomber dans l'illégalité;
- enfin, les informations disponibles sur le site que vous mentionnez
me paraissent moins détaillées que vous ne le dites.
Richard Miller - Je répète ce
que j'ai dit, à savoir le fait que je n'ai aucune volonté
d'angéliser le débat, mais je souhaite que les contrôles
aient lieu de la manière la plus appropriée possible.
Je rappelle que
M. Van Cauwenberghe a lui-même analysé
la question de la licence tanzanienne et a lui-même remis
un avis négatif.
M. Van Cauwenberghe - Ce ne fut
pas aussi simple que cela.
Richard Miller - Je conclurai
en disant que c'est le GRIP qui a fait les recherches sur l'ensemble
des moyens de contrôle des licences d'exportation d'armes.
Il s'agit incontestablement d'un gage de sérieux.
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