Mercredi 8 octobre 2008
Au Parlement de la Communauté française, en commission de l'Education, question de Richard Miller à M. Christian Dupont, ministre de l'Enseignement obligatoire, relative à " Vif à l'école "
Richard Miller - Monsieur le ministre, je ne reviendrai pas sur l'interpellation que je vous avais adressée à propos de l'article du Vif/ l'Express " Comment l'Islam gangrène l'école ? " ni sur le contenu de votre réponse que je partageais amplement. Cependant, je ne peux manquer de m'étonner du numéro d'octobre du Vif à l'école à destination exclusive des enseignants.
L'article cité ci-dessus y est repris dans ses grandes lignes sans aucune mention ni du débat parlementaire, ni de votre réponse, ni de la plainte déposée par le MRAX. N'aurait-il pas été plus constructif que ces divers éléments figurent dans le magazine en lieu et place d'une affirmation selon laquelle " les politiques eux ne se mouillent pas " ? Cette affirmation me semble inexacte et tendancieuse.
Je souhaiterais
connaître votre avis sur cette initiative ainsi que sur la demande d'enquête
adressée aux enseignants par le biais de ce numéro du Vif à
l'école. N'est-ce pas le rôle de votre administration de formuler
ce type de recommandation ?
Quel accord la Communauté française a-t-elle conclu avec leVif/l'Express
pour la distribution du Vif à l'école ? Contribue-t-elle au financement
de cette opération ?
M.
Christian Dupont, ministre de l'Enseignement obligatoire. - Je ne reviendrai
pas non plus sur le débat que nous avons déjà eu et au
cours duquel nous avons posé un certain nombre de constats et de limites.
Je n'ai aucune envie d'intervenir dans la ligne éditoriale d'un journal
ou d'un magazine. Je respecte la liberté de la presse à cet égard.
Il n'existe pas d'accord avec le Vif quant à la distribution du Vif à
l'école. Huit fois par an, la rédaction propose leVif l'Express
à l'école et toute personne qui souhaite s'y abonner est libre
de le faire. À cette occasion, le Vif propose un large tour d'horizon
d'articles parus dans les pages du magazine leVif/ l'Express et leVif Week-end.
Il s'agit de numéros spéciaux encartés dans l'édition
de base des abonnés qui en font la demande mais cela se passe totalement
en dehors de notre intervention et de tout accord.
En ce qui concerne l'enquête lancée par le Vif à l'occasion
de la publication de ce numéro spécial, il n'y a rien à
en dire.
Notre administration a fait un travail sur le recensement des faits et a mené
ses propres enquêtes, ce qui est aussi le droit du magazine. Cet événement
ne nous concerne donc pas, mais chacun est libre de mener des enquêtes,
ce qui est régulièrement le cas. Je ne voudrais pas que M. Miller
me considère comme le général Jaruselsky ; je ne fais pas
partie du mouvement de l'après-normalisation tchèque.
Richard Miller - Loin de moi l'idée de penser que M. le ministre ait eu quelque chose à voir avec ce qui s'est passé.
Je suis
donc satisfait d'entendre que la Communauté française n'a pas
d'accord privilégié avec Le Vif, même si, en soi, ce ne
serait pas une mauvaise chose. En effet, on peut avoir ce type d'accord avec
des organes de presse mais, dans le cas qui nous occupe, il y aurait eu un dérapage
à propos de l'article cité qui a été diffusé
de façon confuse puisque l'on a présenté le magazine comme
un instrument destiné au corps enseignant et traitant des problèmes
de l'école. Cela étant, je souhaiterais ici mettre l'accent sur
la liberté de la presse.