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Parlement wallon - 8/7/2005 - en Commission du Budget, des Finances, des Affaires générales, de la Simplification administrative, du Règlement et de la Comptabilité

DISCUSSION GÉNÉRALE SUR LA PROPOSITION DE MODIFICATION DU RÈGLEMENT D’ORDRE INTÉRIEUR (Doc. 127 Nos 1 à 3)

M. le Président donne la parole à M. Richard Miller aux fins qu’il expose la proposition déposée.

 

M. Miller indique tout d’abord que la proposition déposée s’accompagne d’un amendement ainsi que d’un sous-amendement. Il expliquera ultérieurement la raison pour laquelle il a été procédé de la sorte.
La proposition concerne les travaux de la Commission au niveau du contrôle de l’octroi des licences d’armes par le Gouvernement.
M. Miller précise qu’il n’a pas l’intention de reprendre dans son intervention tous les événements politiques qui se sont déroulés ces dernières semaines ainsi que ces derniers mois. La proposition déposée a, avant tout, pour but d’améliorer l’ensemble de cette problématique particulière. L’octroi des licences est une compétence régionalisée, particulièrement importante pour l’industrie wallonne mais aussi pour la crédibilité des institutions wallonnes.
Il rappelle qu’une étude juridique concluait précisément à cet enjeu pour les institutions wallonnes.
M. Miller retient dans le cadre de son exposé une seule déclaration parmi celles du Ministre-Président.
Ce dernier avait en effet reconnu que tout ne s’était pas très bien passé et qu’il convenait d’améliorer le fonctionnement de l’octroi des licences d’armes.
M. Miller souligne que chacun doit prendre en considération les enseignements de cet épisode récemment vécu. Cette expérience doit nourrir la réflexion.
Lorsque la compétence fut régionalisée, par le biais d’un communiqué officiel réalisé le 26 août 2003, M. le Ministre-Président a indiqué qu’il veillerait à ce que le contrôle parlementaire puisse se faire dans le cadre de l’octroi des licences. M. Miller insiste sur le fait que la proposition s’inscrit dans cette logique d’un contrôle parlementaire qui doit pouvoir s’exercer de manière différente, eu égard aux problèmes rencontrés récemment.
La proposition découle d’une première interrogation à savoir : «faut-il ou non une Commission spéciale ou à défaut, une sous-commission à l’intérieur de la Commission chargée des Relations extérieures ?»
M. Miller indique qu’il y a une distinction à cet égard et que les services juridiques du Parlement, dans le cadre d’une note, avaient mis en exergue les conséquences de cette distinction. Il y a en effet notamment la question de la confidentialité des travaux, celle de la confidentialité des documents examinés outre la possibilité de mettre en oeuvre une procédure spéciale. Faut-il à cet égard maintenir le principe selon lequel tout parlementaire peut venir siéger dans cette Commission comme dans toute commission parlementaire ou doit-on procéder à une désignation des membres qui y siégeraient de manière permanente ?
Dans le même ordre d’idées, M. Miller indique qu’il faut s’interroger sur la problématique des incompatibilités éventuelles. Ainsi, ne faudrait-il pas vérifier de manière organisée s’il n’existe aucun risque d’incompatibilité dans le chef de tel ou tel parlementaire, siégeant dans la Commission, qui serait amené à se prononcer sur un dossier de licence ?
Pour cette raison, la proposition envisage un mode particulier de désignation des parlementaires. M. Miller tient à souligner qu’en envisageant la question du contrôle parlementaire, le but recherché n’est nullement de donner la possibilité au Parlement «d’enrayer» tous les dossiers ayant trait à l’industrie de l’armement. Le but est uniquement de vouloir organiser au mieux le contrôle parlementaire et non d’instituer une situation de blocage potentiel des différents dossiers.
M. Miller souligne par ailleurs qu’il n’y a plus de suspicion possible de type communautaire étant donné la régionalisation de la compétence en la matière.
Quant à la question de savoir si le contrôle parlementaire devait s’envisager a priori plutôt qu’a posteriori, M. Miller indique que dans le cadre d’une interpellation, le M. le Ministre-Président avait très bien expliqué les raisons pour lesquelles il était difficile d’envisager un contrôle a priori à savoir, en d’autres termes, un accompagnement parlementaire des travaux du Gouvernement. M. Miller envisage donc un contrôle parlementaire a posteriori, comme de coutume, tout en soulignant qu’à sa connaissance, deux pays seulement fonctionnent sur le mode d’une décision parlementaire et non gouvernementale (les USA et la Suède).
La proposition déposée va donc dans le sens d’un contrôle parlementaire a posteriori, lequel doit pouvoir s’exercer dans les meilleures conditions possibles, en ce qui concerne notamment l’examen des documents et des rapports. Lorsque les parlementaires concernés sont saisis d’une licence, soit accordée, soit refusée, ils doivent pouvoir, s’ils le souhaitent, avoir accès aux documents utiles en vue d’avoir un complément d’information. M. Miller indique qu’en ce qui concerne «la licence tanzanienne » la Commission n’est pas encore saisie de ce dossier puisqu’il est relatif à l’année 2005 tandis que la Commission est actuellement saisie du rapport relatif à l’année 2004. À ce jour, par hypothèse donc, un contrôle parlementaire efficace n’a pu encore être exercé concernant cette «licence tanzanienne ».
M. Miller souhaite envisager la possibilité de missions ou de déplacements, quand bien même un dossier serait «non conflictuel», dès lors que la Commission souhaitait vérifier si cela s’est passé convenablement ou tout simplement développer l’expertise dont elle aura la charge. Ainsi, M. Miller indique qu’il devrait y avoir une possibilité de solliciter une mission sur place comme pour n’importe quelle autre Commission.
M. Miller indique aussi que la Commission d’avis du CGRI est exclusivement utilisée par le Gouvernement wallon. Le Parlement devrait pouvoir avoir également accès à cette Commission d’avis.
M. Miller en vient à la demande la plus pressante, à savoir le droit d’évocation du Parlement. Il souligne que ce droit ne peut nullement être mis de côté. Lorsqu’un dossier en particulier est «sur la place publique», il n’est pas admissible que le seul endroit où l’on ne puisse en parler soit le Parlement, ce qui irait à l’encontre de sa mission. Le droit d’évocation parlementaire existe et doit pouvoir être utilisé en l’espèce. En ce qui concerne l’organisation de ce dernier, M. Miller indique qu’il pourrait être décidé, par exemple, que tout ce qui relève de l’aspect commercial soit traité à huis clos. En tout état de cause, il rappelle «le filtre» existant, à savoir la Conférence des présidents, laquelle a le pouvoir de décider si telle ou telle question sera ou non traitée et développée en public. À cet égard,
M. Miller rappelle que l’une de ses questions, de manière surréaliste, fut traitée à huis clos alors qu’elle portait sur la législation belge. Nul n’étant censé ignorer la loi, cette dernière a, par hypothèse, un caractère public !
Toujours au niveau des modalités pratiques, M. Miller indique que la matière devrait pouvoir être scindée avec pour conséquence le huis clos pour certains aspects. Il souligne qu’il est regrettable qu’à certains moments, tout le monde se soit préoccupé de ce dossier avec même des reportages filmés de la part de la RTBF par exemple tandis que le seul endroit où on ne pouvait évoquer ce dossier était le Parlement.
M. Miller envisage un dernier aspect de la proposition, à savoir la question de la périodicité du rapport.
La proposition envisage un caractère trimestriel. M. Miller indique que cet aspect ne constitue pas l’essentiel de la proposition. Il indique encore que le maintien d’un délai semestriel pourrait se comprendre, pour autant que l’évocation par le Parlement entre-temps soit possible.

M. le Président fait remarquer que la problématique de la frontière entre ce qui relève du huis clos et ce qui n’en relève pas, est un sujet bien difficile. Il indique à cet égard que «le seul juge en la matière» est en quelque sorte l’auteur de la fuite.

M. Miller tient à préciser que la fuite dont question n’est nullement partie des rangs de l’opposition.

M. le Président indique à cet égard qu’il a pris toutes les précautions oratoires nécessaires dans ses propos.

M. Ficheroulle entame son intervention en soulignant qu’il faut pouvoir délimiter les compétences, tout d’abord entre le Parlement et le Gouvernement. Il insiste également sur le fait qu’au sein même de cette matière, il faut pouvoir se donner les moyens de la délimiter elle-même en ce qui est par exemple conditions d’octroi, conditions politiques, aspects géopolitiques d’une région, etc. Il insiste sur le fait que le contrôle parlementaire doit être réalisé en ayant également à l’esprit un principe d’efficacité et de réalisme. Selon lui, il n’y a pas de solution miracle en soi. Il insiste énormément sur le fait que par rapport à l’élément «détonateur» de la proposition de M. Miller, à savoir le dossier de la licence tanzanienne, cela n’est nullement le fait du Parlement. Ce dernier en effet ne peut en aucun cas être mis en cause dans le fait que le débat soit devenu public et politiquement généralisé. M. Ficheroulle souligne que le pouvoir de contrôle parlementaire s’effectue a posteriori sur base d’un rapport dressé lui-même a posteriori. En aucun cas, un dysfonctionnement parlementaire n’est à l’origine des difficultés rencontrées. M. Ficheroulle envisage ensuite les principes sur lesquels pourrait se baser la solution en la matière. Il y a tout d’abord le respect de l’idée qu’il s’agit d’une compétence gouvernementale. Il ne s’agit, en d’autres termes, nullement d’une matière décrétale mais d’un domaine dans lequel le Parlement exerce un contrôle sur l’action du Gouvernement.
Quant à la question de l’exercice de ce contrôle, il est effectué a posteriori sur base d’un rapport examiné à huis clos.
Ce contrôle pourrait-il être étendu sans remettre en cause les prérogatives du Gouvernement ? Peuton envisager un débat préalable ?
Cela serait, selon M. Ficheroulle aberrant d’organiser systématiquement au sein du Parlement un débat préalable étant donné que le Parlement ne peut avoir pour tendance de vouloir se substituer au Gouvernement.
Revenant à la nature du contrôle parlementaire, M. Ficheroulle indique qu’une réflexion peut avoir lieu quant à la fréquence et à la nature du rapport. Il souligne que s’agissant de rapports confidentiels, ils doivent être examinés à huis clos avec la possibilité pour les parlementaires de poser des questions sur un sujet particulier. Ces questions ne peuvent être, par hypothèse, des questions orales ordinaires ou encore des interpellations, lesquelles sont par essence publiques. Pour M. Ficheroulle, les parlementaires, sous respect du principe de la confidentialité, peuvent interroger le Ministre sur un point particulier.
Faut-il envisager une sous-commission particulière avec une procédure particulière ? M. Ficheroulle rappelle que le principe des réunions en la matière est le huis clos. Il n’entrevoit pas la nécessité ou l’utilité concrète de prévoir des exceptions à ce principe.
L’idée de créer une sous-commission résulte, selon lui, de la possibilité en découlant de la voir fonctionner selon des règles particulières.
Selon lui toujours, si l’on veut envisager des garanties ou plutôt des garde-fous au niveau d’un bon fonctionnement, il pourrait être procédé à des désignations nominatives, le cas échéant avec ou sans parlementaires suppléants, par exemple sur base de la règle proportionnelle en fonction des groupes politiques démocratiques.
Actuellement, les parlementaires peuvent siéger dans toutes les commissions. Ce principe a une incidence première au niveau des votes. Dans le cadre de la matière de l’octroi des licences, M. Ficheroulle estime qu’une procédure de vote serait exceptionnelle, voire inexistante, étant donné que le contrôle parlementaire s’opère in casu par le biais de questions-réponses. Il serait envisageable peut-être de fixer des conditions particulières de vote quant à l’éventualité par exemple de la mise en oeuvre d’une mission. Il souligne cependant que c’est peut-être pousser les choses un peu trop loin. Il ne souhaite en effet pas que l’on «codifie» l’organisation des missions car cela pourrait laisser entendre qu’il doit nécessairement y en avoir, ce qui est problématique dans le cadre d’un contrôle a posteriori.
En résumé, M. Ficheroulle indique qu’une des voies de solution possible, pourrait être l’organisation d’une sous-commission dérogeant à certaines règles relative au fonctionnement normal des commissions, à laquelle le huis clos serait d’application, dont l’objet serait strictement délimité et composée de membres qui ne feraient pas de tournante. Sur base d’un accord politique, en d’autres termes sans modification du règlement, il pourrait être permis que certains représentants de groupes politiques soient présents.
En ce qui concerne la possibilité de prévoir des sanctions, il ne faut pas, selon M. Ficheroulle, envisager des commissions d’enquêtes ou un tribunal de type «Haute Cour de Justice». Il existe en effet la Commission des poursuites. Elle est d’ailleurs composée de manière fixe et se réunit à huis clos. Un tel mode de fonctionnement ne serait donc pas isolé. Selon M. Ficheroulle, il faut trouver une solution qui soit la plus claire et la plus simple possible.
La problématique de la représentativité doit être réglée par le biais d’une solution politique et non statutaire.
Par ailleurs, M. Ficheroulle indique qu’il doit être admis qu’un Ministre ne souhaite pas répondre en commission publique mais bien en sous-commission réunie à huis clos. Le mode de convocation de la sous-commission doit être simple. Elle déciderait de ce qu’elle consigne dans son rapport, ce qui pourrait être, le cas échéant, un rapport tenant en une ligne, à savoir qu’elle indique uniquement avoir examiné le rapport relatif à l’octroi des licences. Au-delà, M. Ficheroulle estime que l’on entrerait dans le domaine de la responsabilité politique de tout un chacun et non dans un domaine particulier
du règlement.
Pour conclure, M. Ficheroulle rappelle que les aspects regrettables du débat relatif à la licence tanzanienne sont tout sauf le fait du Parlement qui ne peut donc être mis en cause.

M. de Lamotte estime que la matière évoquée aujourd’hui est loin d’être simple. Selon lui, le rôle du Parlement doit être plein, entier et être respecté. Le Parlement doit pouvoir
contrôler, a posteriori, les actes du Gouvernement. Il rappelle qu’en 2003, le Gouvernement fédéral a transféré la compétence de l’évaluation des législations antérieures. Il estime que le Parlement wallon - et plus particulièrement la présente Commission - pourrait évaluer le travail parlementaire des deux dernières années (éléments positifs et négatifs, points à améliorer, etc.).
Il considère que la proposition évoquée aujourd’hui n’est pas complète. Il rappelle que, dans des matières relativement sensibles, le dépôt de questions orales et de questions d’actualité peut poser des
difficultés. Il conviendrait dès lors de voir la manière d’améliorer la transparence et le contrôle.
Il estime que, lorsque des systèmes de microéconomie sont évoqués (contrats d’armement entre la Wallonie et un pays tiers), d’autres éléments sont également de mise (droit commercial, pays en question).
Selon lui, le fait de citer des pays entraîne des conséquences non négligeables par rapport à d’autres contacts et d’autres contrats. Il conviendrait dès lors d’être attentif à l’industrie wallonne et à la sauvegarde de ces contrats.
Il rappelle que le Parlement se trouve dans une situation nouvelle pour laquelle il conviendra de trouver des modes de fonctionnement adéquats pour pouvoir effectuer un contrôle efficace. Se trouvant dans les balbutiements du système, il convient de ne pas aller trop loin en la matière.
Il considère que la proposition de M. Miller pose certaines difficultés et qu’en l’adoptant telle
quelle, le Parlement risquerait de se «tirer une balle dans le pied», notamment en matière d’incompatibilités.
Il cite ainsi l’exemple de parlementaires qui pourraient se trouver au sein d’asbl et qui, par le
seul fait que la Commission pourrait traiter de ces problèmes, ne pourraient plus être amenés à y siéger.
Il suggère, par conséquent, vu l’importance, la complexité et le caractère évolutif de ce débat,
d’entamer une réflexion approfondie sur la question.
M. Wesphael évoque le caractère kafkaïen de la situation. Il rappelle que la responsabilité des
fuites dans le dossier des licences d’armes n’incombait pas au Parlement.
Il décrit la situation de la Ministre qui s’est exprimée sur la forme et le fond d’un dossier sensible
et le fait que les parlementaires ne pouvaient pas réagir face aux déclarations de la Ministre. Il rappelle
encore que, lorsque les parlementaires ont voulu interpeller le Gouvernement sur la question, ils
se sont vus renvoyés à une Commission ad hoc.
Il précise que la proposition de M. Ficheroulle relative à une Commission spéciale ne lui pose pas
de problème.
Il évoque le fait qu’il est impossible pour les parlementaires d’interpeller le Gouvernement sur une
situation politique géostratégique et internationale alors qu’il était possible de poser des questions au
sein de la Communauté française sur des licences octroyées dans le cadre des politiques internationales.
Il ne peut dès lors admettre qu’il ne soit pas permis d’interroger un Ministre sur ces questions en
séance publique.
M. Collignon rappelle qu’il s’agit d’une matière sensible d’un point de vue économique mais également
pour ce qui concerne l’information ou encore la matière des Droits de l’Homme.
Il considère qu’il convient d’éviter de calquer le règlement sur base d’une exception. En effet, selon lui, l’on ne se trouvait pas dans une situation générale puisqu’il y avait eu l’octroi d’une licence qui fut, par après, suspendue pour être finalement retirée. Il convient dès lors, à son estime, de ne pas se baser sur cette expérience pour modifier le Règlement d’ordre intérieur.
Il rappelle que le contrôle en la matière doit toujours être a posteriori. Il explique que le problème de la proposition de modification concerne la publicité. Selon lui, ces débats doivent être tenus de manière confidentielle, déontologique et a posteriori. Il estime qu’il convient de se référer à des rapports établis par de professionnels soumis au secret et que le fait que tout un chacun apporte sur la place publique de prétendues informations ne peut que nuire à la sérénité des débats.
Il rappelle également que cette matière a été régionalisée et qu’elle relève dès lors de la responsabilité du Parlement. Il évoque aussi des principes de primauté et de confiance qui doivent être accordés aux rapports établis par les fonctionnaires wallons. Il considère que, si le Ministre des Affaires étrangères peut marquer sa propre sensibilité sur la question, la primauté doit toutefois être accordée aux fonctionnaires wallons spécialisés en la matière.
En ce qui concerne les missions à l’étranger, il craint que celles-ci ne deviennent, certaines fois, en quelque sorte des voyages d’agrément, par la force des choses, ne permettant pas une bonne information, en raison de l’expertise pointue requise dans ce type de matière.
Selon lui, la proposition de M. Ficheroulle relative à une sous-commission a tout son intérêt. En outre, il estime que les parlementaires de celle-ci doivent être fixes. Il faut, selon lui, trouver une solution qui intègre l’ensemble des partis démocratiques dans ce mécanisme d’octroi de licences.

M. Miller relève que des éléments positifs ont été évoqués.
Il souligne la nécessité d’avoir le droit, à un moment donné, de poser publiquement une question au Ministre sur un contexte général.
Il s’indigne que le Parlement puisse être considéré comme une «agence de voyages».

M. Collignon rappelle l’exigence d’une expertise particulière pour ce type de matière et que, sauf erreur, M. Miller n’est pas un expert en armement.

M. Miller considère que, pour des licences «non conflictuelles», de telles missions peuvent avoir un intérêt certain. Il estime qu’il ne serait pas correct, par rapport à la responsabilité de contrôle du
Parlement, que les parlementaires ne puissent avoir connaissance des éléments pertinents et qu’ils n’aient pas la possibilité de les obtenir.
Il rappelle qu’il convient de ne pas tout focaliser sur le dossier tanzanien. Une décision avait été prise pour que tout se passe à huis clos. Il évoque un rapport rendu par le GRIP qui affirmait que la Belgique avait une mauvaise législation en la matière et qu’il avait dû attendre une réunion à huis clos pour finalement entendre que la législation belge était, contrairement à ce que prétendait le rapport, très stricte en la matière.
Sur cette base, il considère que sa question ne devrait pas être renvoyée en commission réunie à huis clos et qu’il devait être permis d’interroger le Gouvernement sur les aspects généraux d’une telle problématique.
Enfin, il estime que si l’ensemble des parlementaires se rallient à l’idée que le contrôle doit être a posteriori, il souligne que celui-ci doit être plein et entier, mais aussi efficace. Dès lors, un déplacement peut, dans certains cas, s’avérer nécessaire.

M. Collignon relève l’intérêt d’entendre les fonctionnaires qui bénéficient d’une expérience certaine en la matière.

M. Miller considère que la règle de principe doit être la tenue d’une commission à huis clos.
L’exception doit être la possibilité d’interpeller publiquement le Ministre. Selon lui, de même qu’il revient aux parlementaires le droit d’interpeller le Gouvernement sur ses décisions, il faut leur permettre de poser des questions de manière publique.
Le contrôle doit rester a posteriori sauf si la problématique a déjà été évoquée sur la place publique.
Par ailleurs, il marque son accord sur la composition de la Commission qui s’effectuerait sur base
d’un accord politique.
Il est donc favorable à une commission à huis clos, à condition que le contrôle a posteriori soit plein
et entier et qu’il soit donné à la commission le pouvoir de décider de la nécessité d’un déplacement.
Enfin, il ne s’oppose pas à reporter l’examen de cette proposition à une date ultérieure afin de pouvoir
trouver un consensus sur le sujet avec les membres de la majorité.
M. Ficheroulle propose de reporter l’examen de la proposition de modification afin d’aboutir à
une solution consensuelle.
Il partage l’avis de M. Collignon selon lequel il convient de ne pas se baser sur un incident particulier
pour légiférer de manière générale en la matière.
Il estime qu’il devrait être possible de poser des questions en séance publique sur le caractère général des procédures d’octroi de licences, par exemple, mais qu’il ne saurait être question d’évoquer l’une ou l’autre licence en particulier.
Il rappelle que c’est le contexte émotionnel de l’époque qui explique que l’ensemble des questions relatives à ce sujet ait été renvoyé en commission à huis clos.
Il considère qu’à partir du moment où les parlementaires sont tenus à un devoir de confidentialité, les autres acteurs doivent l’être également. Dès lors qu’un Ministre du Gouvernement wallon ou le Ministre des Affaires étrangères s’exprimerait sur une telle question, il ne voit pas sur quelle base on pourrait interdire à un parlementaire de justifier sa position.
Il estime qu’il convient d’adopter une règle afin qu’un contrôle étendu puisse être réalisé de manière confidentielle tout en garantissant le contrôle démocratique. Selon lui, la sous-commission pourrait être ce lieu afin de réaliser un contrôle de manière confidentielle qui ne soit pas en contradiction avec les règles démocratiques.
En ce qui concerne les missions à l’étranger, il suggère que l’on ne codifie pas en la matière afin de ne pas restreindre la capacité de contrôle du Parlement. Selon lui, en inscrivant des règles sur les missions, cela risquerait de systématiser la pratique alors que cela doit rester exceptionnel. Il espère qu’un consensus pourra être trouvé sur la question dès la rentrée.

M. Miller admet qu’une telle codification pourrait être contre-productive.
Il rappelle que l’objectif de la proposition était de pointer les problèmes rencontrés, notamment la possibilité d’organiser des missions ou encore d’obtenir des documents concernant les décisions prises. À défaut, un contrôle a posteriori s’avérerait, selon lui, impossible.
Enfin, il ne s’oppose pas à ce qu’un texte commun puisse être trouvé.

M. le Président résume les positions issues du débat : le caractère du huis clos n’est pas contesté ; les membres seraient nommés de manière précise afin d’accroître leurs responsabilités, principalement en cas de dérapage ; une interpellation ne doit pas pouvoir être refusée dès lors qu’un dossier sensible a été développé sur la place publique.
En ce qui concerne les missions, il estime personnellement que plus des règles sont inscrites, plus des exceptions y sont trouvées et qu’il convient dès lors de faire confiance à la sagesse de la Commission.
En conclusion, il estime qu’il importe de trouver une règle claire et simple qui mette fin à tout dérapage.

M. de Lamotte insiste sur le rapport d’évaluation de la législation afin d’examiner la manière dont les travaux se sont déroulés.
En ce qui concerne les missions et les incompatibilités, il pense qu’un consensus pourrait être trouvé.

M. Miller remercie les parlementaires pour l’attention qu’ils ont accordée à sa proposition de modification du Règlement d’ordre intérieur.

 

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