Mardi
8 décembre 2009
Au Parlement wallon, en commission du Budget, des Finances, de l'Emploi,
de la Formation et des Sports, question orale de Monsieur Richard MILLER à
Monsieur André ANTOINE, Ministre du Budget, des Finances, de l'Emploi,
de la Formation et des Sports sur "l'emploi en Wallonie"
Richard
Miller - Madame la Présidente, Monsieur le Ministre, chers Collègues,
nous restons avec le FOREM. A l occasion de son vingtième anniversaire,
le FOREM a réalisé une étude sur l évolution de
l emploi en Wallonie au cours des deux dernières décennies.
Il en ressort
que le nombre de salariés a fortement augmenté en Wallonie depuis
1993 : +19 %. Tous les secteurs d activité ne sont pas concernés.
Par exemple, l industrie a subi une érosion lente au fil des ans. Elle
ne fournit plus désormais que 22 % de l emploi wallon, alors qu il y
a trente ans, elle constituait encore son principal moteur économique.
Entre 1993 et 2007, l industrie manufacturière a perdu 16.000 postes
de travail. Le textile a vécu une véritable hécatombe en
perdant 66 % de ses emplois en moins de 20 ans. La métallurgie a elle
aussi subi les effets de la désindustrialisation : elle a vu disparaître
près de 7.000 emplois en 15 ans.
A côté
de cela, il y a quelques motifs de satisfaction ou d'espérance. L industrie
chimique a ainsi fourni 6.184 nouveaux emplois depuis 1993.
L industrie
du bois a connu pour sa part une progression de 21 %. La construction affiche
elle aussi une progression de 15 %.
Ces quelques
évolutions favorables ont finalement permis à l industrie wallonne
d amortir son inexorable déclin. Ensuite, les pertes dans l industrie
ont été essuyées par d autres secteurs : le secteur des
services, avec notamment l HORECA ou encore le commerce.
L'autre
grand secteur qui a progressé au cours des 20 dernières années,
Monsieur le Ministre, et c est ce point en particulier qui m intéresse,
c est le secteur quaternaire. Ce dernier a augmenté de 85.000 postes
de travail depuis 1993. Il occupe désormais 45 % des travailleurs wallons.
C est davantage que la moyenne belge qui se situe à 38 %. Faut-il le
dire, la plupart de ces emplois sont financés d une façon ou d
une autre par la collectivité. Le quaternaire regroupe en effet la fonction
publique, l enseignement, le secteur de la santé et de l activité
socio-culturelle, etc.
Monsieur le Ministre, ne trouvez-vous pas de façon macro-économique, que cette augmentation est inquiétante ? Ne pensez-vous pas que la fonction publique en Wallonie est un peu trop développée ? La troisième partie de votre Déclaration de politique régionale veut faire de la Wallonie un modèle de gouvernance. Ne pensezvous pas que ce constat d une fonction publique toujours plus importante en Wallonie ne reflète un manque flagrant de création d entreprises et donc d emplois privés ? Je souhaiterais connaître votre analyse ce rapport du FOREM.
M.
Antoine, Vice-Président et Ministre du Budget, des Finances,
de l'Emploi, de la Formation et des Sports. Je suis un peu perplexe. Vous connaissez
mon caractère et ma franchise, sinon ma spontanéité, mais
je m'y perds au sein de la famille du MR. J'ai commencé la commission
par M. Jamar qui est venu me dire, après pratiquement un reproche au
niveau des lèvres, " vous ne financez pas suffisamment les associations
de gestion centre-ville. Il faudrait davantage de personnel ".
M. Antoine, Vice-Président et Ministre du Budget, des Finances, de l'Emploi, de la Formation et des Sports. Mme Barzin m'a dit, il y a quinze jours :" je veux que vous soyez attentif aux MIRE, il faut les refinancer ". Mme Cornet m'a dit dans le débat budgétaire :" attention pour les points APE. J'espère que vous allez indexé le point 1,5 %. Ce n'est pas prévu dans le décret mais c'est quand même pas mal que vous le fassiez notamment pour les communes et pour les associations ". Donc voilà, j'ai trois demandes. J'ajoute, je les partage. C'est quand même assez extraordinaire ! Au-delà du problème de M. Jamar, parce qu'il n'est pas dans les plus de 20.000 habitants, on verra cela au moment venu, mais au-delà de cela, c'est une demande de trois membres libéraux importants qui nous disent :" il faut les soutenir ". Dans le même temps...
Richard Miller- Je ne suis pas important, hein, attention.
M. Antoine, Vice-Président et Ministre du Budget, des Finances, de l'Emploi, de la Formation et des Sports. Attendez. Je dois demander l'arbitrage du premier Vice-Président exécutif dont je ne connais pas l'utilité mais peut être est-ce celle-là, c'est d'un jour, de départager.
M.
Antoine, Vice-Président et Ministre du Budget, des Finances,
de l'Emploi, de la Formation et des Sports. J'ai Mme Cornet, j'ai M. Jamar,
j'ai Mme Barzin, j'ai même eu M. Jeholet qui estintervenu pour les centres
sportifs où il y a aussi des APE.
J'en ai quatre. Et puis, par un beau jour de 8 décembre, j'ai M. Miller
qui dit : " mais qu'est ce que c'est que cette histoire ? Je viens de lire
une note du FOREM.. ".
Je caricature à peine.
Richard Miller - Ne caricaturez quand même pas de trop. Je dirai en conclusion que j'aimerais quand même avoir réponse à ma question et que le grand enseignement que j'en tire, c'est que, finalement, contrairement à ce que l'on a toujours dit, c'est moi, le vrai libéral au MR.
M. Antoine, Vice-Président et Ministre du Budget, des Finances, de l'Emploi, de la Formation et des Sports. C'est vrai donc il ne reste qu'un seul libéral dans la famille du MR, c'est Richard Miller qui lui, est resté dans l'orthodoxie de M. Reynders. Les autres, vous avez " les Reynders boys and girls ", vous avez les réformateurs, vous avez les démocrates francophones, vous avez les MCC et vous avez Richard Fournaux.Donc, avec cela, vous avez une constellation complète. Je vais donc essayer de prendre en compte le seul libéral dans cette salle, M. Miller. Alors, je lis à M. Miller ce qu'il n'a pas dit, qu'il est aussi acteur de cela. Lui-même, M. Jamar, Mme Barzin, vous êtes tous les trois d'excellents gestionnaires communaux. J'ai ici le rapport des médias. J'ai ici le rapport Dexia sur les dépenses de personnel et, effectivement, je vois qu'en Wallonie, l'emploi public dans les communes a encore progressé de 6,8 %. Alors, pas vous trois. Je ne vous fixe pas personnellement mais je dis que je veux bien prendre les communes... J'en connais quand même, les communes du Brabant-wallon qui sont bien gérées sont toutes dirigées pratiquement par des mandataires libéraux et je constate qu'il y a eu des recrutements. C'est encore M. Wahl qui prenait position récemment sur le sujet donc, je vois 6,8 %. Je vois qu'en Wallonie, nous sommes, en dépenses pour les communes, à 469 euros par habitant et en Flandre, à 444 euros. Je faisais ce rappel-là sans la moindre animosité à l'égard de M. Miller mais pour qu'au moins....
M. Jamar (MR). Dans ma question, il n'y avait pas beaucoup d'animosité non plus. Ce que j'aurais bien voulu, c'est que le Ministre wallon de l'Emploi me donne son avis sur les masses macroéconomiques.
M.
Antoine, Vice-Président et Ministre du Budget, des Finances,
de l'Emploi, de la Formation et des Sports. Dans le temps et dans les lieux,
c'est une responsabilité partagée. En moyenne, c'est le rapport
finances locales de Dexia qui n'a, en principe, aucune couleur politique.
Deuxième élément, c'est dans les chiffres avancés
par M. Miller. Il fait l'amalgame mais il ne peut quand même pas dire
que dans le quaternaire, on retrouve toute l'action sociale qui comprend notamment
des professions libérales puisque vous y trouvez les médecins,
les dentistes, les kinésithérapeutes, pour environ 12 % du chiffre
qu'il a évoqué. Dans le sous secteur de l'éducation qui
inclut la formation professionnelle et donc toute la formation permanente, y
compris celle pour les travailleurs, on retrouve notamment les travailleurs
occupés dans les services de placements et de formations privés.
Je ne voudrais pas qu'on prenne pour argent comptant le chiffre lancé,
mais je reconnais que M. Miller a été sincère en disant
qu'il était le seul libéral, donc, clairement, il utilise des
arguments au service de sa conviction. Quoi de plus respectable. J'ajoute, Monsieur
Miller que, vous qui avez été et qui êtes toujours un des
meilleurs connaisseurs des services de la Culture, on trouve dans ce secteur
tous les artistes, tout ce qui relève de l'amusement et du sport. Si
pour vous, un joueur de football se retrouve dans le quaternaire et dans la
Fonction publique excédentaire, je vous en laisse la responsabilité.
Mais, quand on voit depuis 1993 jusqu'en 2004, il y a eu 30.000 postes supplémentairescréés,
mais depuis 2004, il y en a 2.400 qui ont été perdus. Ce qui veut
donc dire que c'est ici in globo. Dans les communes, chez lesquelles cela avait
quand même considérablement augmenté en moyenne, on assiste
à un recul de ce secteur. Il y a un recul dans ce secteur même
s'il y a de larges playdoyers pour renouer avec une politique de subsidiation
de l'emploi.
On l'a entendu à différents moments.
Notre réponse, elle est claire. C'est évidemment toute la philosophie
qu'on a évoqué avec M. Borsus, d'un nouveau FOREM. Que ce soit
en suivi individuel, en formation et aussi en responsabilité du demandeur
d'emploi parce que s'il fait défaut, on doit pouvoir transmettre son
dossier comme M. Marcourt l'avait initié dans le " Jobtonic ".
Et puis, il y a bien entendu, le Plan Marshall 2.Vert qui laisse une très
large part sur l'initiative, sur la création d'entreprise, mais vous
pouvez aussi m'interroger pour tous les crédits liés à
la formation, notamment à la formation des métiers en pénurie,
la formation linguistique, les chèques création, tout cela y participe.
Je pourrais d'ailleurs y ajouter les métiers verts dont nous savons combien
ils sont prometteurs, notamment en termes d'efficacité énergétique.
M. Carnois, qui était là à La Hulpe, a évoqué
dans son chef, au nom de la Confédération de la Construction,
15.000 emplois. Et il ne s'agit pas là d'emplois publics.
J'ai le sentiment que ce n'est pas tant l'emploi public qui est excédentaire
parce qu'alors, il faut que M. Miller aille jusqu'au bout de son raisonnement
et qu'il nous indique où il faut licencier, où il y en a de trop.
On aura évidemment des statistiques du chômage encore peut-être
un peu moins bonnes. Je veux bien mais alors, il faut aller jusqu'au bout de
son raisonnement. Je ne crois pas que ce soit vraiment la volonté de
ce libéral de la première heure mais au contraire, je pense que
nous devons travailler et c'est l'engagement de M. le Ministre-Président
Demotte, de M. le Ministre Marcourt, de M. le Ministre Jean-Marc Nollet et le
mien : favoriser l'émergence d'emplois privés. C'est cela que
nous devons faire, mais vous ne verrez jamais un Gouvernement wallon décréter
de l'emploi sinon, nous retomberions dans le travers que vous avez vous-même
dénoncé. Nous sommes là en tenant compte de la conjoncture
économique. Vous avez vu que la Banque nationale évoque un retour
à la croissance d'1 %. Au passage, excellente nouvelle pour notre budget,
je vous rappelle qu'il a été fondé sur un coefficient de
0,4. Donc, tout ce que la Cour des Comptes nous a dit, c'est que nous avions
construit un budget prudentiel. C'est comme cela que je l'ai voulu. Il se vérifie
puisque tous nos indicateurs sont à la hausse pour le moment et tant
mieux. Profitons-en, Monsieur Miller, pour créer les conditions d'un
véritable emploi privé à l'avenir.
J'ai une longue réponse que je peux donner à M. Miller mais Mme
la Présidente me rappelle très gentiment à l'ordre. J'aurai
pu vous parler de l'augmentation de 60 % des chèques création,
tous les APE marchands que nous donnons que ce soit pour les moins ou pour les
plus qualifiés... mais alors, je demande une interpellation Madame la
Présidente parce qu'il me faudrait 12 pages pour détailler tout
ce qui a été réalisé. Que M. Miller ne m'en veuille
pas. Je lui tiens à sa disposition et je sais que le cas échéant,
il reviendra.
Richard
Miller - Ce qui est assez extraordinaire dans la réponse de M.
le Ministre, c'est que, tout d'abord, je n'ai vraiment pas compris pourquoi
vous abordiez votre réponse de cette manière. La prochaine fois,
je regarderai l'ordre du jour et j'essaierai d'avoir une question à un
moment où M. Borsus, M. Jamar, Mme Barzin n'ont pas interrogé,
et ce de façon à ne pas tomber à un moment où vous
essayez de répondre à tout le MR en même temps. Encore une
fois, j'ai aussi beaucoup de sympathie pour vous Monsieur le Ministre, mais
vous n'avez pas eu le temps de me répondre à ce que je vous avais
demandé. Vous me dites " j'ai les éléments de réponse
mais j'ai préféré d'abord faire un historique de l'Histoire
du MR et montrer qu'ils ont des problèmes en interne etc. ".
La seule
chose qui m'intéressait dans la question et encore une fois, je n'avais
pas besoin que vous m'expliquiez qui fait partie ou non du quaternaire, mais
ma question portait bien làdessus.
Il y a un secteur quaternaire très important en Région wallonne, la richesse est créée à partir du secteur primaire et je vous demandais un peu ce que le Gouvernement wallon envisageait de faire à cet égard. Je suis donc déçu par la réponse de M. le Ministre.