Mardi 8 décembre 2009
Au Parlement wallon, en commission de l'Economie, du Commerce extérieur et des Technologies nouvelles, question orale de Monsieur Richard MILLER à Monsieur JeanClaude MARCOURT, Ministre de l'Economie, des P.M.E., du Commerce extérieur et des Technologies nouvelles sur la restructuration au sein de l'entreprise MD Verre de Ghlin

Richard Miller - J'en profite aussi pour signaler que M. Crucke a demandé que sa question n°S7 sur les secteurs de l'innovation soit transformée en Question écrite.

Monsieur le Ministre, la direction de la verrerie de Ghlin Vidrala a annoncé son intention de licencier 89 personnes, soit un tiers du personnel.

Il s'agit très exactement du licenciement de 72 ouvriers et de 17 employés. Un licenciement collectif d'une telle ampleur devrait imposer une procédure Renault. C'est à nouveau un coup dur pour notre Région de Mons-Borinage.

D'ailleurs, mes collègues vont également poser des questions.

Selon un syndicaliste de la FGTB, la direction n'a pas eu recours au chômage technique ou économique quand elle aurait pu y prétendre.

L'ensemble des syndicats dénonce une mauvaise gestion qui n'est pas liée à la crise économique.

Monsieur le Ministre, pouvez-vous nous donner des précisions sur ce dossier ? Y a-t-il eu vraiment mauvaise gestion de l'entreprise ? Que peut faire le Gouvernement de la Région wallonne ? Que comptez-vous faire pour cette entreprise et ses travailleurs hennuyers ?

M. Marcourt, Vice-Président et Ministre de l'Économie, des PME, du Commerce extérieur et des Technologies nouvelles. La situation conjoncturelle que nous connaissons en Wallonie, à l'instar d'ailleurs de ce que le monde entier connaît en tout cas, les pays développés, est extrêmement difficile.
Si on suit les macroéconomistes, et notamment Paul Krugman qui est récemment venu dans notre région, ceux-ci annoncent encore, pour l'année 2010, une période de restructuration et, en ce qui concerne l'emploi, une augmentation du chômage dans tous les pays développés. Aujourd'hui, pour certains en province de Hainaut, pour d'autres l'arrondissement de Mons-Borinage, mais dans les deux cas, le Gouvernement wallon s'est inscrit et défend le maintien de la province dans l'objectif Convergence qui permet d'avoir des moyens accrus pour la province et l'arrondissement au travers de ce développement. Le programme Convergence, c'est l'ancien Objectif 1, pour ceux qui aiment mieux les anciennes appellations.
En ce qui concerne la société VIDRALA, qui est donc une société de droit espagnol, lorsqu'elle a repris les activités de MD Verre, elle a conservé l'ensemble du personnel. Les intentions de l'actionnaire à l'époque étaient de développer l'activité. On peut prendre comme exemple le fait d'investir 35 millions d'euros pour la création d'un nouveau four. Nous avons, à ce moment-là, été sollicités et une aide , dont vous avez rappelé le montant, a été octroyée.
Dans la mesure où c'est la catégorie " utilisation rationnelle de l'énergie " qui a été utilisée, il n'y a pas, pour cet usage exclusif, de conditions d'emploi.
Sinon, la condition d'emploi est de droit dans toutes les aides que la Région donne, sauf lorsqu'il s'agit d'améliorer le rendement de l'énergie.
Au jour d'aujourd'hui, nous avions encore une autre prime de 675.000 euros, mais cette prime est toujours à l'examen et n'a pas été libérée.
Il est clair que la société Vidrala subit aujourd'hui un retournement de marché considérable, puisqu'on dit qu'il y a plus de 12 % de réduction de volume, et c'est ce qui a conduit l'entreprise à notifier le plan.
Le plan de redressement stratégique aurait pour objectif, et j'utilise le conditionnel parce que je n'en suis pas l'auteur, je ne fais que répéter les objectifs de l'entreprise à court terme, de réduire les pertes, comment réduire les pertes en limitant un certain nombre de coûts ? Au terme d'un an, pour réorienter la production vers des types de verre plus léger dont le marché est demandeur, cela pourra se faire à partir du nouveau four qui a fait l'objet de l'investissement, et permettrait donc à une perspective d'un an, de retourner à l'équilibre, et donc d'éliminer le foyer de pertes. A moyen terme, l'objectif est de poursuivre le développement du site.
Il faut se dire qu'on peut regretter de voir un investissement puis sa perte, mais quelque part, cet investissement est le point d'ancrage d'une pérennité de l'entreprise, afin de se maintenir comme un site compétitif, notamment avec la concurrence, même si ce n'est pas particulièrement écologique. Mais les produits asiatiques viennent aujourd'hui sur le marché européen, et il faut donc faire face à cette concurrence.
Depuis le début de la crise, j'ai apporté une attention toute particulière aux entreprises en général, et à celles qui présentaient un certain nombre de difficultés en particulier. Comme j'ai déjà eu l'occasion de l'exposer à différentes reprises, le Gouvernement a, le 5 décembre 2008, dans la foulée du déclenchement de la crise, pris un certain nombre de mesures : nous avons créé la caisse d'investissement, qui dispose aujourd'hui de plus de 83 millions d'euros de moyens mobilisables ; des dispositions exceptionnelles en matière d'expansion économique visant, d'une part, à assouplir les conditions et, d'autre part, à postposer les objectifs à réaliser en matière d'emploi. On a pu faire en sorte d'assouplir pour éviter d'aggraver la crise pour ces entreprises ; le soutien de liquidités aux entreprises via les invests. C'est plus de 100 millions qui sont disponibles ; 50 millions pour soutenir les exportations des entreprises ; la création d'un mécanisme de garanties en faveur des grandes entreprises Geligar prévoyant des garanties aux grandes entreprises pouvant aller jusqu'à 1,5 million d'euros ; la mise en place d'un médiateur crédits.
Je souhaite aujourd'hui non seulement maintenir ces différents dispositifs, mais les amplifier pour permettre aux entreprises de passer le cap des difficultés que nous rencontrons. Nous avons d'ailleurs, dans le cadre du budget que vous allez examiner, tant en 2009 qu'en 2010, augmenter les moyens pour la SOGEPA, pour faire face à un certain nombre d'éléments.
En ce qui concerne la question relative aux statistiques sur les faillites et sur les pertes d'emploi au Hainaut, il n'y a pas aujourd'hui de données ventilées précises et fiables, mais je les cherche et je les transmettrai à votre commission.
Pour terminer, nous constatons qu'en ce qui concerne la SOGEPA, après avoir connu un pic durant le premier semestre 2009, et la situation actuelle n'est en rien indicative de l'avenir, il y a plutôt une normalisation du nombre de dossiers à gérer par la SOGEPA.
S'il n'y a pas une reprise assez rigoureuse, je crains qu'au début 2010 nous ayons à nouveau un certain nombre d'entreprises qui viendront trouver la Région. Mais nous sommes là, et je dirais que c'est bien le rôle de la Région d'aider les entreprises à passer le cap, même si, dans un certain nombre de cas, des conséquences pour les familles touchées sont extrêmement cruelles.

Richard Miller - Je remercie M. le Ministre pour sa réponse, à travers laquelle je pense avoir compris qu'il s'agit bien d'un plan de redressement stratégique qui a été mis en place par la direction de l'entreprise. Vous ne confirmez pas les propos de la FGTB disant qu'en fait, il y a eu une mauvaise gestion et que la direction n'a pas fait appel au chômage technique ou économique quand elle aurait pu y prétendre.