Mardi 8 juillet2008
Au Parlement wallon, en commission de l'Economie, de l'Emploi, du Commerce extérieure, du Patrimoine et de la Formation, QUESTION ORALE DE M. MILLER À M. MARCOURT, MINISTRE DE L’ÉCONOMIE, DE L’EMPLOI, DU COMMERCE EXTÉRIEUR ET DU PATRIMOINE, SUR « LES DÉCLARATIONS PRO-COMMUNAUTÉ FRANÇAISE DE M. SUINEN »
Richard
Miller - Même s’il m’est déjà
arrivé, comme à beaucoup d’autres d’ailleurs, y compris
dans cette pièce, de m’opposer au haut responsable des relations
extérieures de la Communauté française et de la Région
wallonne, responsable des exportations wallonnes, responsable de l’examen
des licences d’exportations d’armes au départ d’entreprises
wallonnes, je tiens à préciser d’emblée que j’approuve
le contenu des déclarations de M. Suinen au quotidien Le Soir du28 juin
lorsqu’il dit : « Construisons une Communauté française
qui ne sera plus seulement une entité avec des compétences en
culture, pour les matières personnalisableset l’enseignement, mais
qui pourra s’occuperd’activité économique, de développement,
de formationprofessionnelle, d’emploi ... ».
Je pourrais reprendre nombre de mes prises de paroledans les Assemblées
régionale et communautaire, ainsiqu’au sein du groupe Wallonie-Bruxelles,
allant en cesens, mais quoiqu’il en soit, je suis heureux de constaterque
quelqu’un doté d’une telle expertisepartage ce pointde vue.
Cela étant, cette prise de position d’un des hautsfonctionnaires placé sous la responsabilité du Gouvernementdiffère radicalement de celle que vous-mêmeavez exprimée. Vous vous êtes en effet prononcé, sans ambiguïté aucune, en faveur d’un transfert de toutes lescompétences de la Communauté vers les Régions, ence compris la culture. Que faut-il donc en penser ? Qui faut-il considérer comme étant le porteur du discours dela Région wallonne sur un point qui tend à devenir deplus en plus essentiel, au regard des diffi cultés communautairesau niveau fédéral ?
M. Marcourt, Ministre de l’Économie, de l’Emploi,du Commerce extérieur et du Patrimoine. - Jedois bien admettre que je n’ai pas tout compris de l’interviewaccordée par M. Suinen au quotidien que vousmentionnez. Peut-être était-il trop fi nement retranscrit.Toutefois, lorsque j’ai interpellé M. Suinen lors d’un conférence de presse à laquelle nous étions conviés, ilm’a avoué que ses propos n’avaient pas été fi dèlementmentionnés. Il est vrai que cela fait bien longtemps quel’obligation de réserve des fonctionnaires a disparu, etje ne m’en plains pas. Demeure l’obligation de loyautépar rapport au Gouvernement, ce qui est bien la moindredes choses. Cela dit, toutes les opinions sont légitimes et M. Suinenest le responsable desrelations internationales de laCommunauté française.Par ailleurs, que cela soit clair, je n’ai jamais demandéla suppression de la Communauté française. Je maintiensla nécessité pour la Région wallonne d’assumer un développement économique fort et de faire de Bruxellesun partenaire économique important. Je maintiens égalementla nécessité de créer une passerelle entre tous lesfrancophones.Mais est-il vraiment indispensable que la Communautéfrançaise demeure le pouvoir organisateurde l’enseignement ? Est-il normal qu’une oeuvre d’artaccrochée au mur relève de la Région wallonne et que,si elle détachée du mur, elle tombe dans l’escarcelle dela Communauté française ? On peut par ailleurs affi rmersur un certain nombre de compétences entre Bruxelleset Namur.J’affi rme de même que le plan Marshall et le Contratd’Avenir ainsi que l’identité wallonne sont un plus pourla Wallonie.Je ne peux vous dire dans quel cadre M. Suinen aprojeté ses propos. Mais il est légitime que Bruxelles etla Wallonie veulent un projet pour elles-mêmes. Il s’agitde justesrevendications.Existe-t-il une relation entre Bruxelles et la Régionwallonne ? Laréponse est oui. Faut-il maintenir uneCommunauté française ? La réponse est oui.
Richard Miller- Je remercie M. le Ministre pour sa réponse. Je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a une certaine forme de contradiction entre les déclarations deM. Suinen, la réponse de M. le Ministre et la positiondéfendue par le Gouvernement wallon. Mais cette formede contradiction est aussi liée à la complexité de notresystème. M. Suinen a défendu la fusion du CGRI-DRI, ily avait eu certaines contradictions fl agrantes qui étaient apparues, notamment dans le traitement de certains dossiers: comment se fait-il qu’à la Communauté française,on se retrouve avec un rapport concernant les licencesd’exportation d’armes ?
Il est temps de prendre une position commune afi nde tenir compte de l’existence de la Communauté et desRégions et de remette un peu d’ordre dans le paysage institutionnelfrancophone. Cela permettrait peut-être ainsi àM. Suinen de savoir exactement,quand il prend la parole,ce qu’il peut dire.