A l’instar de ce que fut le théâtre pour la démocratie athénienne, le cinéma, en tant qu’il est à la fois création, technologie et industrie, est le lieu où les démocraties, dans le monde/mondialisé d’aujourd’hui, se montrent, se voient et s’interrogent. Sur la page blanche de l’écran, celle révélée par la splendide ouverture des Hommes du Président (Pakula) et sur laquelle d’emblée s’écrit (du grec, graphein) la liberté inconditionnelle de la presse, les principes fondateurs de la démocratie sont à l’œuvre : droit de s’exprimer, de se déplacer, de s’assembler, de travailler, de créer, de vivre avec sécurité, dans la justice et la dignité…Toutefois, ce que l’œuvre d’art cinématographique renvoie à la société n’est pas un reflet neutre –l’écran n’est pas un miroir-, mais une image qui inquiète, qui ne laisse pas en quiétude, qui problématise la réalité concrète de la vie au sein de cette société et ce, quels que soient ses principes fondateurs. Si toute société a besoin de cette projection critique d’elle-même, de ses inquiétudes et insuffisances, auxquelles doivent répondre les réformes nécessaires, seul le système démocratique en a la capacité et la force. |